Emploi

Vaud vise une égalité salariale parfaite

Le canton de Vaud veut être à la pointe en matière d’égalité salariale. La conseillère d’Etat Nuria Gorrite a présenté huit mesures visant à améliorer l’employabilité des femmes dans l’administration

«C’est le député Fernand Petit (POP) qui s’est intéressé en premier à l’égalité salariale. En 1965, il interpelle le Conseil d’Etat à ce sujet. Le gouvernement avait alors adhéré au principe», a expliqué hier Nuria Gorrite, cheffe du Département des infrastructures et des ressources (DIRH), au moment de présenter plusieurs mesures visant à renforcer cette égalité dans l’administration cantonale.

Car si, dès les années 1990, l’administration vaudoise n’a cessé de se féminiser, cette évolution s’est accompagnée de l’apparition d’inégalités de traitement. Après une revalorisation des salaires en 2008, qui a touché 42% des femmes, un auto-contrôle effectué en 2014 a montré une différence salariale de 3,5%, alors qu’un seuil de 5% est toléré en Suisse.

Parcours professionnels moins linéaires

Des chiffres peut-être réjouissants, mais dont l’Etat de Vaud ne se contente pas: il vise une égalité salariale totale. D’ici à 2026, un quart des cadres de l’administration cantonale partiront à la retraite: c’est à la fois une chance et un défi pour atteindre cet objectif et recruter davantage de femmes pour ces postes, selon Nuria Gorrite.

Pour ce faire, la présidente du gouvernement a pris des mesures qui tiennent compte des parcours professionnels moins linéaires des femmes. Il s’agit premièrement de considérer les années consacrées à l’éducation des enfants pour fixer le salaire. «Car c’est aussi une expérience professionnelle», a dit Filip Grund, le chef du Service cantonal du personnel. On peut espérer une hausse de salaire jusqu’à 4%.

Mieux concilier famille et travail

Les postes à 100% pourront être occupés à 80 ou 90% pour une meilleure conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle. «Le but n’est pas d’augmenter le temps partiel, mais de favoriser les candidatures féminines, qui se font rares pour les postes à temps plein. C’est une réalité avec laquelle il faut composer», dit Nuria Gorrite. Cela vaut d’ailleurs aussi pour les hommes. Parmi les autres mesures pour marier famille et travail, l’Etat veut en effet favoriser le télétravail et des horaires flexibles. Après avoir été étendu à vingt jours, le congé paternité devrait passer à vingt-deux jours d’ici à 2022.

Pour améliorer la mixité dans les postes de cadre, les comités de recrutement devront obligatoirement inclure une femme. L’administration comptait 51,6% de femmes en 2016, mais à peine 30% d’entre elles étaient cadres. Le canton va aussi créer une liste des professions «genrées» pour recruter davantage de femmes dans les métiers prisés par les hommes et vice versa. Tous les collaborateurs auront en outre droit à trois jours de formation continue, qu’ils travaillent à 50 ou 100%. «Cette mesure profitera principalement aux femmes, davantage employées à temps partiel», a souligné la présidente du Conseil d’Etat.

Contrôles réguliers

Les bas salaires seront par ailleurs revus à la hausse dès 2020: les métiers de la logistique auront droit à 52 000 francs annuels, contre 46 800 actuellement. Près de 70% des bénéficiaires sont des femmes. Le Conseil d’Etat s’assurera enfin que l’écart salarial continue à diminuer par le biais de contrôles effectués tous les trois à cinq ans. L’Etat de Vaud ambitionne d’obtenir un label d’égalité salariale.

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