Quand la gouvernance du CHUV «vacille»
Les départs et les intérims s’accumulent au comité de direction du grand hôpital vaudois. L’incertitude règne alors que le Conseil d’Etat a décidé de ne pas prolonger le directeur général ad intérim Nicolas Demartines et que la ministre Rebecca Ruiz envisage une refonte de la gouvernance interne. Enquête
Le CHUV, c’est l’orgueil d’un canton, l’un des dix meilleurs hôpitaux du monde si l’on en croit le fameux magazine Newsweek. Et pourtant, le Centre hospitalier universitaire vaudois «vacille» à son sommet, pour reprendre le terme fort de l’un de ses médecins-chefs. En cause, des questions de gouvernance qui inquiètent la communauté médicale, tout comme le monde politique vaudois, jusqu’à ses représentants à Berne qui s’en ouvrent dans la salle des pas perdus. A l’intérieur de l’institution, les vives interrogations sont liées à un contexte compliqué. En raison du plan de retour à l’équilibre financier, baptisé «Impulsion», aucune voix ne s’élève. Toutes les personnes contactées par Le Temps dans le cadre de cette enquête ont expressément exigé un anonymat total.
«Le problème, c’est l’accumulation des changements et des intérims au sein du comité de direction (Codir), résume un observateur. Le CHUV commence à ressembler à un avion sans pilote.» Le directeur financier a changé durant l’été 2023. Ce printemps, ce sont trois départs d’importance qui ont été enregistrés: ceux des directeurs de la logistique hospitalière et des ressources humaines, ainsi que celui de la directrice des constructions. Ces deux derniers postes, directement dépendants du Conseil d’Etat, sont stratégiques pour le géant aux 12 000 employés, alors que le nouvel Hôpital de l’enfance n’est pas achevé. Ce n’est pas tout.