C'est un indicateur de valeur que ce «oui» au projet dit «paquet logement», à moins de trois mois des élections cantonales vaudoises. Lorsque l'on demande aux Vaudois s'ils veulent d'un Etat interventionniste pour contrer la crise immobilière, ils y répondent favorablement à 55,5%. Le Conseil d'Etat à majorité de gauche termine ainsi son programme de législature, quelques semaines après l'adoption de son autre grand chantier par le parlement cantonal, la loi sur l'accueil de jour des enfants.

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«Aujourd'hui les Vaudois ont démontré qu'ils font confiance à leurs institutions politiques capables de mener des compromis», s'est félicitée la conseillère d'Etat écologiste Béatrice Métraux, une demi-heure après que le résultat final de la votation soit tombé. «Je me tourne maintenant vers les milieux immobiliers: ce travail va se faire avec vous», a-t-elle adressé au conseiller national PLR Olivier Feller, directeur de la Chambre vaudoise immobilière.

La politique active du logement telle qu'elle l'a imaginée englobe des quotas de logements d’utilité publique, des bonus de surface à bâtir pour qui en construit et un droit de préemption des collectivités publiques sur l’achat des terrains et des maisons.

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Les partisans de ce paquet logement intitulé loi sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL) étaient réunis dimanche au café du Great Escape, surplombant la place de la Riponne à Lausanne. Si l’ambiance y était festive, ce n’était pas seulement dû à l’issue favorable de leur campagne. «C’est la première fois de ma vie que je remporte trois sujets de votation le même jour», s’exclamait, radieux, le jeune écologiste lausannois Maxime Mellina. Il faisait évidemment référence à la RIE III fédérale et à la naturalisation facilitée de la troisième génération, en sus du succès de la LPPPL. «La Suisse bascule à gauche», s’exclamait-on à la table d’un ton joyeux.

La gauche jubile

Selon eux, la droite avec son référendum tentait non seulement de barrer la route au projet de politique active du logement, mais également d'ébranler le siège de l'actuelle ministre verte. «Merci au PLR Vaud et particulièrement à Olivier Feller d’avoir lancé la campagne de notre conseillère d’Etat Béatrice Métraux», twittait, railleur, Matthias Bürcher du comité des Verts lausannois.

«L’intérêt général a prévalu sur celui des spéculateurs immobiliers», s'est réjouit Alberto Mocchi, président des Verts vaudois. «La guerre entre locataires et propriétaires n’a pas eu lieu, comme le prédisaient les organisations économiques», a-t-il repris en se référant aux résultats commune par commune. L’Isle, Rolle, Préverenges, Noville, des fiefs de propriétaires, ont accepté la loi sur le logement de la conseillère d’Etat écologiste Béatrice Métraux.