Les Vaudois ont rejeté l’initiative des gendarmes «pour une police unifiée et efficace». Le vote populaire de ce 27 septembre a été aussi partagé que la campagne. Tout aussi partagé que la classe politique et les partis. Et selon des indiscrétions, tout autant que le Conseil d’Etat. Après un coude à coude haletant, le non l’a emporté pour 54,26% à 45.74%.

Du coup, le projet du gouvernement, façonné avec l’accord des majorités des communes du canton, devrait servir de canevas à la réforme policière que Vaud attend depuis bientôt 20 ans. La convention paraphée en 2008 baptise la coordination des polices municipales et régionales, avec la possibilité de passer des contrats de prestations avec les agents du canton pour les communes dans l’impossibilité de pourvoir elles-mêmes à leur force de l’ordre. La coordination serait alors assurée par un commandement unifié à l’échelle cantonale.

Le résultat du scrutin soulage par la même occasion la conseillère d’Etat radicale Jacqueline de Quattro, responsable de la sécurité. Instigatrice de l’accord, elle jouait dans les urnes une grosse part de sa législature. Le refus de la police unique, voulue à corps et à cris par les gendarmes redore ainsi son blason et renforce sa position au sein du collège. La magistrate promet une loi d’application du protocole adopté cette année par le Grand conseil pour 2012 au plus tard.

Finalement, ce dimanche aura marqué la fin d’une confrontation saignante, houleuse. Qui laissera certainement des traces dans les mémoires des uns et des autres. Le nouveau commandant de la police cantonale, l’ancien juge d’instruction, Jacques Antenen, devra faire preuve à la fois de beaucoup de diplomatie et de fermeté à l’égard de ses troupes, forcement déçues, peut-être enclines à résister à la police coordonnée qu’elles ont combattue. En même temps, Jacqueline de Quattro et les municipalités, très engagées dans la campagne, seront appelés à apaiser le climat et l’animosité entre les différents corps de police et leurs hiérarchies.