Faut-il, comme le suggérait la semaine dernière un membre de l'Association vaudoise des EMS, (Avdems) prévoir des «Etats généraux» de la prise en charge des aînés? Peut-être. Ce serait une manière comme une autre de rendre l'opinion attentive aux dépenses que suppose la remise en ordre du réseau des établissements existant. Au terme du débat que le Grand Conseil a consacré mardi au rapport de sa commission d'enquête parlementaire (Le Temps du 7 février), l'évidence qui s'impose est en effet celle d'un colossal effort financier à venir.

En énumérant les chantiers ouverts ou à ouvrir, le conseiller d'Etat Charles-Louis Rochat a donné une idée de ces dépenses. Dans le domaine du fonctionnement, la convention collective de travail – dont le principe a désormais fait son chemin dans tous les groupes politiques – induira des augmentations salariales. La subvention aux usagers, dont le Conseil fédéral impose le rétablissement, réclamera d'autres crédits. Enfin, la seule remise à niveau des bâtiments suppose des coûts que le président de la CEP, Eric Golaz, a chiffrés à près de 300 millions de francs sans même compter la fin du moratoire sur les nouvelles constructions qui seront nécessaires pour faire face à l'augmentation de la population très âgée.

Dans cette optique d'un flot grossissant d'argent public venant irriguer le système, la question des formes de gestion des EMS devait revenir sur le devant de la scène. Face aux recommandations du Conseil d'Etat de bannir la seule société simple, mais de conserver des exploitations commerciales comme les sociétés anonymes, le radical Pascal Broulis a annoncé une motion réclamant la constitution d'un organisme faîtier de droit public. Fixant les normes de gestion, les salaires directoriaux, etc., cet organisme s'impliquerait directement dans la gestion de tous les EMS à buts idéaux, ces fondations qui accueillent aujourd'hui la majorité (3300 lits sur 5700) des résidents du canton. Les établissements commerciaux se verraient de leur côté proposer de simples conventions. Pour le président de la commission des finances, ce changement qui reste à être imaginé dans le détail garantirait une association professionnelle forte. Du côté du Conseil d'Etat, la préparation d'une loi sur le subventionnement applicable à d'autres secteurs que les EMS semble avoir la préférence.

Quelle que soit la manière, il faudra corriger l'erreur faite en 1991, lorsque pour éviter de construire de nouveaux EMS, l'Etat avait reconnu d'utilité publique presque tous les établissements existants. Il est clair dix ans plus tard que c'était reculer pour mieux sauter, et que les investissements restent à faire quand même.