VAUD

Les Vaudois voteront sur leur «survie scientifique»

Les partisans du projet triangulaire misent tout sur le transfert de la pharmacie.

«On ne dramatise pas l'enjeu de la votation du 10 juin en disant qu'il s'agit d'une option décisive pour l'avenir de la place scientifique lausannoise»: présidente du Conseil académique de l'Université de Lausanne, Yvette Jaggi donne le ton de la campagne que mènera le comité vaudois en faveur du projet «triangulaire». Bien que les Vaudois n'aient à se prononcer que sur le transfert de la section lausannoise de pharmacie à Genève, c'est le sort de la Haute école qui se jouera le 10 juin, estime-t-elle.

Car tout est lié: la pharmacie, le transfert de trois sections universitaires à l'EPFL voisine, l'investissement dans la recherche en génétique ainsi que de nouveaux programmes de sciences sociales. A ce propos, Yvette Jaggi ajoute: «Sachant ce que vaut aujourd'hui un million supplémentaire pour ces disciplines, ce projet représente un bond en avant.» 7,5 millions sont prévus pour les sciences humaines, sur 32,8 dégagés par les transferts de l'Université à l'EPFL, qui reçoit elle-même 63 millions de francs de la Confédération pour cette opération.

Le comité veut donc tout miser sur ce vote, reconnaît le député radical Pascal Broulis. Ce dernier cite, à titre d'exemple, «l'enlisement» actuel dans le domaine de la médecine, dû à l'échec du réseau lémanique (Rhuso). Parmi les supporters figurent notamment le conseiller national (PS/VD) Pierre-Yves Maillard, ancien secrétaire de la fédération des étudiants – celle-ci refuse le projet –, le professeur IMD et président désigné du conseil du Temps Stéphane Garelli, ainsi que le président de la Chambre de commerce Hubert Barde, qui ne prédit rien moins qu'un «renouvellement du tissu économique». Peu d'universitaires, en revanche, mais un comité ad hoc se forme ces jours à l'interne, preuve qu'il faut rassurer la population quant aux divisions qui agitent l'institution.

Symbole du Rubik's Cube

La raison académique et politique contre un «égoïsme» et un régionalisme étriqué: telle est l'axe choisi, illustré par le très cérébral Rubik's Cube, symbole de la campagne. Entre deux manipulations rieuses du jouet (difficile, quand même), Yvette Jaggi renchérit par l'ironie: «Un refus signifierait une renégociation du projet. Or, le pôle zurichois reprendrait volontiers ce que l'on accorde aujourd'hui à ce gouffre sans fond qu'est l'arc lémanique», sans compter que d'autres régions sont «tapies», à l'affût. Les Lémaniques contre Zurich: le combat rappelle sans doute quelques souvenirs à l'ancienne syndique.

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