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A Zurich, 75% des déplacements se font en transports publics, à pied ou à vélo.
© GAETAN BALLY / KEYSTONE

Transport

Le vélo en libre-service gagne les grandes villes de Suisse

Après des années de blocage, Zurich lance son système de vélos en libre-service. Berne veut devenir la «capitale du vélo». Ce type d’offres s’est d’abord étoffé dans les villes de taille moyenne, notamment en Suisse romande, avant de gagner les centres urbains

Zurich a dévoilé ces jours la flotte de deux-roues qui déferlera sur la ville dès le printemps 2018: 2250 bicyclettes, dont la moitié seront électriques. Publibike AG, une filiale de CarPostal, exploitera le système, financé par les recettes et les sponsors, au premier rang desquels la Banque Cantonale zurichoise. Ce projet «promeut l’image du vélo comme moyen de transport par excellence en ville», se félicite le Municipal PLR Filippo Leutenegger. Il s’inscrit dans la stratégie de la municipalité rose-verte pour réduire le trafic motorisé individuel de 10% d’ici à 2022.

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A Zurich, 75% des déplacements se font en transports publics, à pied ou à vélo. D’ici à 2022, ce chiffre doit grimper à 80%, selon un objectif inscrit dans le règlement communal. Or, en dépit des idées reçues, les bords de la Limmat ne sont pas le paradis de la petite reine. Comme dans le reste de la Suisse, le vélo y est le moyen de transport le moins utilisé, avec seulement 8% des distances parcourues. Dans l’espoir de doubler ce résultat d’ici à 2025, Zurich a élaboré un «Masterplan Velo», qui prévoit de quadriller la cité d’un réseau de pistes cyclables, dont certaines seront larges de près de 5 mètres. Une stratégie de la majorité rose-verte adoptée en 2016, non sans critiques du camp bourgeois, pour qui ces «autoroutes à vélos» accordent trop de place à la bicyclette.

Un atout pour les entreprises

Qu’à cela ne tienne, d’ici à mai 2018, Publibike aura le feu vert pour bâtir son réseau de 150 bornes de location de vélos dans toute la ville. La société envisage aussi de coopérer avec le privé: «Les entreprises ont un intérêt à offrir des stations de vélos à leurs employés pour être plus attractives», souligne Bruno Rohner, directeur de Publibike.

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L’usager pourra localiser et déverrouiller un deux-roues via Internet à partir de son profil. Hors abonnement, la première demi-heure se montera à 3 francs, puis 15 centimes par minute supplémentaire (4,50 francs la première demi-heure puis 23 centimes la minute pour les vélos électriques). Louer un vélo pour une journée se montera à 20 francs pour un modèle classique et 40 francs pour un vélo électrique.

Berne se voit en capitale du vélo

Voilà dix ans déjà que l’idée d’un système de vélos en libre-service fait son chemin à Zurich, depuis le dépôt d’une motion au Conseil communal, en 2007. Mais Velo Züri a pris du retard. Le Tribunal fédéral a fini par donner son feu vert à la Ville à l’issue d’une longue procédure judiciaire, à la suite d’un recours d’un concurrent pour omission d’un prestataire lors de l’attribution du mandat.

A Berne, le lancement du «plus grand système de location de vélos de Suisse» est aussi prévu pour mai 2018: il doit accueillir 2400 deux-roues répartis sur 200 emplacements dispersés dans la ville. Un projet à 200 millions qualifié de «totalement surdimensionné» par ses opposants, PDC en tête. Mais la municipalité rose-verte a pour ambition de faire de Berne la «capitale suisse du vélo». A Genève, un projet similaire, bloqué depuis plusieurs années, est suspendu à une décision du Tribunal fédéral en raison d'un recours de justice, déposé par un acteur privé du secteur.

A l’heure de la densification urbaine, les villes doivent chercher de nouvelles alternatives au trafic routier

Bruno Rohner, directeur de Publibike

Plutôt dans les villes de taille moyenne

Dans les cités européennes, Paris, Copenhague, Munich, Berlin ou Lyon, le système séduit aussi bien les autochtones que les touristes. Mais, alors que des bornes de location de vélos en libre-service fonctionnent déjà dans les régions moins urbanisées comme à Nyon, Yverdon ou Fribourg, le vélo en libre-service met du temps à faire sa place dans les grandes villes de Suisse. Depuis 2009, Publibike a mis à disposition 900 vélos, répartis sur quelque 100 stations dans tout le pays, essentiellement dans des petites villes.

Pourquoi ce développement en deux temps? «En comparaison internationale, le réseau de transport public est très développé dans les centres urbains de Suisse. Il y avait moins d’urgence qu’ailleurs à désengorger le trafic. Mais à l’heure de la densification urbaine, les villes doivent chercher de nouvelles alternatives au trafic routier», explique Bruno Rohner.

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