Le Conseil fédéral a-t-il une contrepartie à négocier en échange de la vente de Swiss à Lufthansa à un prix inférieur à sa valeur réelle? Cette question hautement politique sera au cœur de la décision que le gouvernement prendra mardi. Selon la NZZ am Sonntag, la contrepartie pourrait être une nouvelle négociation avec les autorités allemandes pour la gestion des vols aux alentours de l'aéroport de Zurich-Kloten. Un porte-parole de Lufthansa a confirmé à l'hebdomadaire zurichois que la compagnie allemande avait «évoqué le thème à Berlin». Cette intervention viendrait appuyer les démarches menées depuis quelque temps déjà par le Département fédéral des transports (DETEC) auprès du Ministère allemand des transports. Le DETEC se refuse cependant à commenter cette hypothèse.

L'aéroport de Zurich se trouve dans une situation difficile depuis l'échec de l'accord aérien germano-suisse en 2003. Pour des raisons qui restent peu convaincantes, le parlement suisse avait en effet été convaincu par les autorités zurichoises de rejeter cet accord. Depuis lors, les vols d'approche s'effectuent par le sud aux heures durant lesquelles ils sont interdits par le nord en vertu d'une ordonnance allemande édictée. Cette situation irrite la population qui habite le long des nouveaux couloirs d'approche par le sud. La Suisse semble ainsi avoir quelque chose à négocier avec l'Allemagne, tout en sachant que les habitants des zones frontalières allemandes du Bade-Wurtemberg s'opposeront à tout assouplissement de la réglementation en vigueur depuis deux ans.

53% d'opinions favorables

Pour le reste, l'option de la vente à Lufthansa continue de tenir la corde, toute autre solution valable paraissant exclue par les différents interlocuteurs interrogés par la presse dominicale. Même le vice-président du conseil d'administration de Swiss, Walter Bosch, dont on a longtemps dit qu'il était opposé à une cession à la compagnie allemande, semble désormais convaincu qu'il s'agit de la meilleure solution du point de vue économique.

Il l'a déclaré à la SonntagsZeitung. Cette issue paraît ainsi se préciser. L'agence économique Bloomberg fait même état d'une «prise de position de la Chancellerie fédérale à l'intention du parlement» dans laquelle elle dit que la vente à Lufthansa «sert mieux l'intérêt public que le maintien d'une compagnie nationale indépendante de plus en plus menacée économiquement».

Un sondage effectué par le SonntagsBlick indique que 53% des 1000 Suisses interrogés seraient favorables à cette opération contre 31% d'avis négatifs et 16% d'indécis. 46% des personnes sondées souhaitent que la vente des actions de la Confédération soit scellée par une votation populaire. 26% estiment que cette décision doit être l'affaire du seul Conseil fédéral alors que 22% pensent que le parlement devrait se prononcer.