Vera Weber veut ramener le parlement à la raison

Résidences secondaires Vers un référendum

Les citoyens devront-ils se prononcer une nouvelle fois sur les résidences secondaires? A voir la tournure des débats au parlement, la question est d’actualité. Les initiants critiquent le «catalogue d’exceptions» qu’est devenue la loi. Jeudi à Berne, Vera Weber, présidente de la Fondation Franz Weber, a menacé de lancer un référendum si des corrections ne sont pas apportées au projet.

Après le Conseil des Etats en septembre 2014, le Conseil national reprend le dossier le 3 mars prochain. Mais sa commission a déjà confirmé les options permettant de déroger au plafond de 20% de résidences secondaires inscrit dans la Constitution: les bâtiments protégés (mazots et rustici) pourront être transformés en résidences secondaires, tout comme ceux déclarés simplement dignes d’être conservés. La loi autorisera de nouvelles constructions si les propriétaires mettent les logements en location sur une plateforme. Les logements secondaires existant pourront être agrandis jusqu’à 30%. Les hôteliers seront également autorisés à construire des appartements de vacances pour assurer la rentabilité de leur établissement.

La commission compétente du Conseil national s’est également entendue pour repêcher une proposition écartée au Conseil des Etats: les hôtels vieux de plus de 25 ans auront le droit d’être transformés en résidences secondaires s’il est avéré qu’ils ne sont plus rentables. De plus, une majorité propose de déclarer la loi urgente, afin de permettre une entrée en vigueur dès l’approbation du texte par les Chambres fédérales.

«Un compromis»

«Telle qu’elle est actuellement, la loi est difficilement acceptable. Je souhaiterais qu’on se mette autour d’une table pour en discuter», a déclaré Vera Weber. Elle indique vouloir trouver un «compromis», sans quoi un référendum sera lancé. La fille de Franz Weber ne précise cependant pas sur quel point elle-même serait prête à lâcher du lest.

Peu de chances cependant que son appel trouve un écho. «C’est un peu tard, répond le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS). Au terme du débat au conseil des Etats, la Fondation Weber a déjà crié au loup mais n’a jamais cherché le contact». Et il ne craint pas le référendum. «Je dirais même que nous nous en réjouissons. Le projet de loi tel qu’il est aujourd’hui est rationnel et promeut un tourisme durable. Il tient compte d’arguments que les initiants eux-mêmes ont brandis durant la campagne. De plus, je pense que la situation économique joue actuellement en notre faveur», estime Yannick Buttet.

Vera Weber parle de «compromis» alors qu’elle est sur pied de guerre. Interrogée sur l’affectation qu’elle envisagerait pour les vieux hôtels fermés faute de rentabilité, elle répond qu’ils pourront toujours être transformés en résidences principales, en lieu culturel… ou être rasés.