Surprise à Tripoli. Max Göldi pensait connaître le verdict de son procès en appel pour «séjour illégal» jeudi, il devra patienter une semaine de plus. Un retard que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) préfère ne pas commenter. Amnesty reste également prudente. Sans vouloir peindre le diable sur la muraille, elle se dit «surprise de ce renvoi inattendu». «Nous maintenons notre demande aux autorités libyennes de respecter les normes internationales pour garantir une procédure équitable à Rachid Hamdani et Max Göldi», ajoute Alain Bovard, juriste de la section suisse de l’organisation. L’avocat des deux otages n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi le verdict a été reporté au 11 février.

Dimanche, Rachid Hamdani, l’autre otage retenu depuis juillet 2008 en Libye en représailles de l’arrestation d’Hannibal Kadhafi à Genève, avait reçu le verdict de son procès en appel pour les mêmes charges. Il a été acquitté après avoir été condamné, comme son compagnon d’infortune, le 30 novembre dernier à 16 mois de prison pour «séjour illégal» dans le pays.

Une première nouvelle positive après de longs mois de tensions qui laissaient penser que Max Göldi connaîtrait le même sort. Voilà qui bouscule un peu les prédictions des plus optimistes. Les Libyens cherchent-ils à bander un peu les muscles, histoire d’obtenir davantage des Suisses dans les négociations serrées en vue de boucler la crise sur le plan politique? Fort possible.

Si une lueur semblait enfin apparaître dans ce dossier aux multiples rebondissements, le sort de Rachid Hamdani et de Max Göldi est encore suspendu à un autre verdict. Ils sont également accusés d’«activités économiques illégales». Le verdict de la cour est attendu samedi pour Rachid Hamdani et dimanche pour Max Göldi. Et à ce stade aucune information venant de Tripoli ne laisse penser qu’un retard pourrait également affecter ces verdicts.

Solidarité européenne

Les deux hommes, victimes d’un premier kidnapping, ont longtemps refusé de quitter l’ambassade de Suisse dans laquelle ils sont confinés par crainte d’être à nouveau arrêtés. Leur procès a ainsi été repoussé à trois reprises. Ils ont fini par se présenter devant la cour après avoir obtenu les garanties nécessaires. Des diplomates de plusieurs pays de l’Union européenne, dont l’Allemagne, les ont accompagnés. Une solidarité européenne qui s’explique par le fait que l’UE a aussi intérêt à une sortie de crise rapide. Car Tripoli vient de menacer de restreindre l’attribution de visas aux ressortissants de l’UE. Une réaction au fait que la Suisse a elle-même serré la vis dans ce domaine en décidant de limiter l’octroi de visas Schengen aux Libyens.