Ce report a été annoncé jeudi à l’ATS par la section suisse d’Amnesty International (AI), puis confirmé par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Les deux hommes d’affaires avaient été condamnés en première instance par contumace à 16 mois de prison.

«Le verdict dans le procès de Max Göldi a été reporté au 11 février», a dit à l’AFP l’avocat liyben des deux hommes, Salah Zahaf sans préciser les raisons de cet ajournement.

«Le problème auparavant était la présence de M. Hamdani et de M. Göldi au tribunal. Mais maintenant nous n’avons aucune idée» de la raison de ce report, a indiqué de son côté à l’ATS Daniel Graf, de la section suisse d’AI. Les procès en appel des deux hommes d’affaires suisses avaient été reportés à plusieurs reprises, le juge exigeant leur présence.

Les deux Suisses sont aussi accusés d’»activités économiques illégales». Ils ont comparu tous les deux le week-end dernier devant un tribunal libyen, ont annoncé dimanche le DFAE et Me Zahaf. Le verdict de la cour est attendu samedi pour Rachid Hamdani et dimanche prochain pour Max Göldi.

Les deux Suisses ont longtemps refusé de se présenter à leurs procès, craignant d’être arrêtés. Ils ont toutefois reçu récemment les garanties nécessaires. Ils ont assisté à leur procès respectif accompagnés par des diplomates de plusieurs pays de l’Union européenne, dont l’Allemagne.

Les deux hommes d’affaires suisses sont retenus à Tripoli depuis juillet 2008, en représaille à l’arrestation à Genève d’un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal.

Ils avaient été remis en liberté le 28 juillet 2008 et résidaient depuis à l’ambassade de Suisse avec interdiction de quitter le territoire libyen.

Mais à la mi-septembre 2009 ils avaient été emmenés par les autorités libyennes dans un lieu tenu secret au prétexte de subir un contrôle médical - une opération qualifiée de «kidnapping» par Berne. Ils n’avaient été reconduits à l’ambassade que le 9 novembre, sans mention d’aucun motif.

Le politologue genevois Hasni Abidi avait estimé dimanche que le régime libyen avait voulu adresser un «signal» politique à la Suisse avec la relaxe de M. Hamdani, en montrant que sa justice est «autonome et indépendante» du pouvoir politique.

Mais l’amorce de normalisation des relations bilatérales est encore loin, soulignait aussi M. Abidi. Le retour des deux otages en Suisse, dépend lui désormais de la manière dont la Confédération et la Libye vont gérer cette sortie de crise, estimait-il encore.