Au terme d’un procès-fleuve qui avait débuté au début du mois d’avril pour être repris en mai, le TPF a donc désavoué le Ministère public de la Confédération (MPC) pratiquement sur toute la ligne. Mercredi, le président du TPF n’a retenu que l’accusation de soutien à organisation criminelle et non pas celle de blanchiment d’argent provenant de la contrebande de cigarettes.

Dans cette optique sept des prévenus ont été blanchis. Parmi eux, les deux cambistes tessinois contre lesquels le MPC avait requis trois et quatre ans de réclusion.

Deux Italiens résidant au Tessin ont eux été reconnus coupables d’avoir activemement épaulé la Camorra (mafia napolitaine) et la Sacra Corona Unita (Pouilles) dans le cadre d’un trafic international de cigarettes de contrebande. Ils ont écopé de deux ans et neuf mois, respectivement deux ans de détention avec sursis pendant deux et trois ans.

Biens libérés Le TPF a aussi ordonné la libération de tous les biens immobiliers et autres comptes bancaires saisis en 2004, au moment de l’arrestation des prévenus. La somme totale s’élève à environ 100 millions de francs.

Les honoraires des avocats des sept prévenus acquittés, soit 2,5 millions de francs environ, seront aussi pris en charge par la Confédération. Les accusés blanchis n’auront en revanche pas droit à une indemnisation de la part de l’Etat.

Le MPC avait requis des peines allant de neuf mois de détention avec sursis à quatre ans et demi de réclusion pour les neuf prévenus. La défense plaidait l’acquittement.

Les inculpés, huit hommes dont un jugé par contumace et une femme - soit quatre Suisses, trois Italiens, un Français et un Espagnol résidant à Delémont - étaient accusés d’appartenir à une organisation criminelle.

Selon le MPC, ils auraient mis sur pied le plus vaste réseau de contrebande de cigarettes jamais mis à jour en Suisse. De 1996 à 2001, ce marché parallèle leur aurait rapporté plus d’un milliard de francs, blanchis en Suisse.