Jusqu'ici, lorsqu'une entreprise publique ou l'administration se restructurait, l'essentiel des réductions d'effectifs était amorti par des départs naturels, des transferts internes et des mises en retraite anticipée. La gauche et les syndicats commencent à réaliser qu'il pourrait pour la première fois en aller très différemment lors de la réorganisation du secteur de la défense initiée par Samuel Schmid, et dont le détail sera rendu public lundi.

Chef du parc automobile de Sion (dont la fermeture à fin 2005 est acquise), Philippe Theoduloz illustre le problème: «Seuls deux de nos quinze employés remplissent les critères pour partir en retraite ordinaire ou anticipée.» Pour les autres, le chômage menace sérieusement. Plus de 50% ont plus de 50 ans. Beaucoup occupent des fonctions très spécifiques et travaillent pour l'armée depuis des lustres. De surcroît, le parc automobile le plus proche se situe à plus de deux heures en transports publics (Romont). «Je ne serai pas surpris qu'un quart des employés soit licencié», conclut Philippe Theoduloz.

Dans une interpellation urgente déposée mardi, le conseiller national Jean-Noël Rey (PS/VS) estime qu'environ 300 des 1100 salariés dont le poste va disparaître d'ici à fin 2005 risquent le licenciement. Un chiffre jugé «réaliste» par Hanspeter Lienhart, du Syndicat des services publics (SSP). Son confrère de l'Association du personnel de la Confédération, Fred Scholl, craint même qu'il soit trop «optimiste».

Centres de placement créés

Au Département de la défense, on souligne que tout sera mis en œuvre pour éviter «autant que possible» des licenciements. Sept centres de placement régionaux ont notamment été créés. Il est toutefois «probable» que des solutions ne pourront pas être trouvées «dans 100% des cas», admet-on au département, tout en se refusant à «spéculer» sur un chiffre.

Samuel Schmid et les syndicats ont d'ores et déjà prévu de se rencontrer le 20 décembre. Du côté syndical montera certainement l'exigence d'envisager des solutions «plus créatives» pour réaliser des économies (réductions de salaire par exemple). Ou encore qu'une partie des montants prévus pour le programme d'armement 2004 – qui risque fort d'être amputé par le parlement – soit affectée au financement de mesures sociales pour les «cas de rigueur».