La polémique scolaire n'est pas une singularité lémanique. Comme Vaud et Genève, Bâle-Ville connaît son initiative populaire réclamant le retour des notes à l'école. Au bord du Rhin, c'est l'UDC qui a déposé en août dernier 4000 signatures à l'appui d'un texte remettant fondamentalement en cause l'organisation de l'enseignement mise en place depuis dix ans. Alors que l'évaluation des élèves se fait par des rapports détaillés des maîtres jusqu'à la fin de la 7e année (4 ans de primaire et 3 ans de cycle d'orientation), l'initiative réclame des notes depuis la 3e année. Celles-ci seraient ensuite le pivot d'un changement qui prévoit le retour à une sélection dès la fin de la quatrième année; le passage de trois à deux ans d'un cycle d'orientation qui serait alors divisé en deux sections; et la répartition des élèves du secondaire en trois sections différentes, une quatrième voie conduisant au gymnase.

Les notes «pour la clarté»

Les promoteurs de l'initiative invoquent la clarté à l'appui du retour des notes. Pour Joël Thuring, secrétaire de l'UDC de Bâle-Ville, «il s'agit de répondre à un souci des entreprises. Elles peinent à situer le niveau des jeunes, et préfèrent pour les apprentissages engager des candidats qui viennent de Bâle-Campagne ou de Soleure.»

Le Grand Conseil de Bâle-Ville doit en principe décider aujourd'hui de renvoyer directement cette initiative devant le peuple, ou de lui opposer un contre-projet. Le gouvernement, qui sera probablement suivi, recommande de renoncer au contre-projet. «L'initiative cumule les désavantages de l'ancien système avec une sélection précoce et une grande hétérogénéité des voies, et ne corrige pas la division en deux degrés de l'école secondaire qui est une particularité bâloise», note Peter Felder, responsable de l'école obligatoire au Département de l'instruction publique. Le gouvernement estime le bouleversement trop grand pour avoir quelques chances de succès devant le peuple. Il s'agit également de permettre une votation rapide (en mai prochain) évitant de faire de l'école un thème de campagne en vue des élections cantonales agendées en 2005.