A dix jours de la votation, le dernier sondage de gfs.bern indique une nette tendance à un triple non dimanche 30 novembre. Ni Ecopop, ni l’abolition des forfaits fiscaux, ni «Sauvez l’or de la Suisse» ne devraient obtenir une majorité.

Le sondage a été réalisé du 7 au 15 novembre auprès de 1400 personnes.

Partie très bas, avec 35% de sympathisants, selon le premier sondage publié le 24 octobre, l’initiative «Halte à la surpopulation» provoque une petite surprise avec une légère tendance à la hausse (+4%). C’est un phénomène rarement constaté pour des initiatives, qui ont tendance à perdre du capital sympathie à l’approche du scrutin. Mais, avec 56% (-2%) le non reste encore l’issue la plus probable.

C’est au sein de l’UDC que l’on retrouve essentiellement les partisans d’Ecopop. Après le refus, de justesse, de l’assemblée des délégués de soutenir la proposition d’Ecopop, ses sympathisants restent pratiquement au même niveau (64% environ) malgré les interventions de Christoph Blocher et d’Ueli Maurer. Manifestement, le mouvement contre l’immigration devient difficile à canaliser par les dirigeants du parti national-conservateur eux-mêmes.

C’est surtout la montée du mécontentement et de la méfiance contre les autorités politiques chez les personnes non affiliées à un parti qui explique la légère remontée du oui. Cet électorat est d’ailleurs celui qui est davantage prêt à se mobiliser. Cela confirme le caractère protestataire du vote en faveur d’Ecopop.

Une partie des électeurs estime ainsi qu’un oui dans les urnes serait le meilleur moyen de faire pression sur le Conseil fédéral pour une application stricte de l’article constitutionnel 121a. Les différentes variantes esquissées par les partis pour tenter de sauver la libre circulation ont ainsi eu un effet inverse auprès de l’électorat populaire. Par contre, l’argument le plus souvent évoqué chez les opposants est le fait que l’acceptation de l’article «Contre l’immigration de masse», le 9 février, suffit à lutter contre l’immigration.

Avec 61% de non, la Suisse romande affiche un net rejet de l’initiative, davantage que la Suisse alémanique (56%), alors que le Tessin serait prêt à l’accepter avec 56% de sympathisants.

S’agissant de l’initiative pour supprimer les forfaits fiscaux, La gauche, à l’origine du projet, a déjà anticipé sa défaite et baissé les bras. «Condamnés à courir après des énormes mensonges et placés dans un rôle défensif, nous ne pouvons maintenant plus que compter sur un événement spécial qui nous redonnerait des chances et inverserait la courbe de cette peur injustifiée», admet le coordinateur Frédéric Charpié en dénonçant «la vague de publicité massive et mensongère» de ses adversaires.

C’est le texte qui polarise le plus le corps électoral, entre gauche et droite. La gauche se retrouve à plus de deux tiers derrière l’initiative, alors que la proportion est inverse à droite. La sympathie pour la suppression de l’impôt forfaitaire reste ainsi largement majoritaire à gauche, même si elle a légèrement régressé dans les rangs du PS. Le rejet est très net à droite, en particulier au PLR et à l’UDC.

C’est en Suisse romande que le rejet est le plus marqué, alors qu’en Suisse alémanique où plusieurs cantons ont déjà supprimé cette imposition, le non est en retrait.

Même si aucun argument décisif ne se dégage de la campagne, celui qui est le plus utilisé par les partisans de l’initiative reste l’opposition au tourisme fiscal. Alors que du côté des opposants, on avance les conséquences négatives pour les régions structurellement faibles où la manne fiscale des forfaitaires est plutôt bienvenue.

«Sauver l’or de la Suisse» ne récolte plus que 36% d’adhésion, contre 44% lors du premier sondage. Le non est passé à 47%. Là aussi, c’est dans le camp des proches de l’UDC que l’on trouve le plus de sympathisants à cette initiative lancée par un comité autour de l’ancien conseiller national Ulrich Schlüer (UDC/ZH).