Les actes de violence sont de plus en plus nombreux lors de manifestations sportives. Pour enrayer cette tendance avant le Championnat européen de football (Euro 2008), le Conseil fédéral a décidé de prendre des mesures préventives supplémentaires. Il vient de mettre en consultation un deuxième volet de propositions destinées à combattre plus efficacement le hooliganisme lors de rendez-vous sportifs. Ces nouvelles mesures viennent compléter un premier dispositif, mis en consultation en 2003, qui consiste à créer une banque de données nationale fichant les déprédateurs.

La première mesure, sur laquelle les milieux concernés pourront se prononcer d'ici au 24 juin, prévoit d'interdire de stade et de son périmètre environnant les personnes qui auraient déjà pris part à des actes de violence lors d'événements sportifs. L'interdiction vaudra pour toute la durée des matchs et pour un an au plus. Cette directive concernera tous les hooligans, quel que soit leur âge, alors que les trois autres mesures ne toucheront que les supporters de plus de 15 ans. La tâche incombera aux cantons de définir le périmètre en question pour éviter aux contrevenants de nuire.

Deuxièmement, l'Office fédéral de la police (Fedpol) propose de se réserver le droit d'interdire à certains hooligans actifs en Suisse de se déplacer à l'étranger pour prendre part à des manifestations et peut-être y semer le trouble. Cette restriction concernera en premier lieu les supporters interdits du périmètre du stade et déjà fichés. Fedpol pourra également limiter le droit de voyager des personnes qui n'ont jamais fait preuve de violence sur le territoire suisse, mais qui se font régulièrement remarquer par leurs actes hors des frontières.

Si les personnes violentes ne devaient pas respecter les deux premières mesures, le Conseil fédéral propose d'instaurer une obligation de se présenter à la police, afin d'empêcher la personne de participer à une manifestation sportive le moment venu. Finalement, les hooligans particulièrement récalcitrants qui n'auront pas respecté le premier train de mesures pourraient écoper d'une garde à vue. Cette dernière durera au maximum 24 heures. Selon Fedpol, près d'un millier de personnes pourraient être touchées par ces directives.