Affaire kadhafi

Vers une sortie de crise avec Tripoli?L’UE veut y croire

Le chef de la diplomatie espagnole se rend ce samedi en Libye. Il espère une libération rapide de Max Göldi

Vœu pieu, moyen de pression sur la Libye ou réelle avancée? Difficile d’y voir clair. La présidente de la Confédération, Doris Leuthard, a déclaré vendredi à Vienne qu’elle s’attendait à une «résolution rapide» de la crise avec la Libye et à la libération de Max Göldi. Même signaux encourageants de la part de José Luis Rodriguez Zapatero, à Bruxelles. Le chef du gouvernement espagnol a fait savoir, quelques heures plus tôt, en marge du sommet des chefs d’Etat de l’UE, qu’il espérait «pouvoir tirer un trait sur la crise entre la Suisse et la Libye dans les prochaines heures ou prochains jours». Seule certitude: Miguel Angel Moratinos, le ministre espagnol des Affaires étrangères, se rend ce samedi à Tripoli.

Ces déclarations interviennent alors que le Conseil fédéral s’est dit prêt, mercredi, à lever totalement ou partiellement les interdictions de visas Schengen adoptées à l’égard de certains Libyens, dont le clan Kadhafi. Une décision prise dans le cadre de la médiation européenne et alors que certains pays, l’Italie et Malte en tête, faisaient pression sur la Suisse pour qu’elle abandonne sa politique restrictive. Elle s’inscrit plus particulièrement dans le plan des médiateurs espagnol et allemand.

Depuis, Bruxelles a salué la décision suisse. Et tant la cheffe de la diplomatie de l’UE, que le porte-parole de la Commission européenne et José Luis Rodriguez Zapatero, dont le pays préside l’UE, ont par la suite expressément demandé à la Libye de rouvrir ses frontières aux Européens et de libérer rapidement Max Göldi, qui purge une peine de quatre mois de prison à Tripoli. Voilà de quoi rassurer les mauvais esprits pour qui la Suisse n’avait fait que capituler devant l’UE, touchée par les mesures de rétorsion libyennes. La Suisse se devait de réagir ainsi pour s’assurer du soutien de l’Europe. Une nouvelle réglementation des visas Schengen, qui entre en vigueur le 5 avril, aurait de toute façon permis à des pays de contourner la pratique suisse.

Silvio Berlusconi y sera aussi

La médiation européenne se poursuit donc, malgré la fin possible de la «guerre des visas». Selon José Luis Rodriguez Zapatero, Berne a déjà renoncé à sa liste puisqu’il s’est dit «ravi que les restrictions de visas contre les ressortissants libyens aient été levées». Il avait plus tôt dit «regretter les problèmes rencontrés par les Libyens». Le Département fédéral des affaires étrangères, lui, reste muet.

Doit-on s’attendre à un déblocage aujourd’hui? Tout le monde sait que la libération de Max Göldi ne dépend dans les faits que de Mouammar Kadhafi. Or ce dernier aura les yeux rivés sur le Sommet de la Ligue arabe, qu’il accueille. C’est dans ce contexte que Miguel Angel Moratinos se rend en Libye. Silvio Berlusconi fait aussi partie des invités. Mouammar Kadhafi pourrait profiter de cette tribune pour réagir par rapport à la Suisse. Reste à savoir dans quel sens. Aux dernières nouvelles, Tripoli tient par ailleurs toujours à ses revendications, dont la mise sur pied d’un organe d’arbitrage international.

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