Le Temps: Le Parti démocrate-chrétien (PDC) dispose d’un programme «new green deal» pour la promotion de l’économie verte. Les Verts éliront-ils un candidat PDC pour succéder à Pascal Couchepin?

Daniel Brélaz: Si les Verts présentent un candidat à la succession de Pascal Couchepin, leurs chances de succès seront infimes. Le choix des écologistes, dans les autres formations politiques, dépendra donc davantage de la personne, ouverte ou non au «new green deal», que du parti. Mais, bien sûr, si le Parti libéral radical choisit un doctrinaire de l’équilibre financier fermé aux investissements dans les énergies renouvelables et les transports publics, nous soutiendrons un candidat PDC.

– Doctrinaire comme Pascal Broulis?

– Non, je ne pensais pas à lui, mais à des parlementaires fédéraux radicaux

– Dans cette élection, vous serez logiquement à la remorque du Parti socialiste…

– Pas du tout. Nous avons nos propres intérêts à faire valoir. Les Verts n’accepteront pas que le Parti socialiste négocie seul avec le PDC ou les radicaux, et dise qu’il dispose de 24 suffrages de parlementaires Verts qu’il se charge de mettre au pas.

– Syndic de Lausanne et conseiller national. N’est-ce pas trop pour quelqu’un qui approche de la soixantaine?

– J’ai dit que j’abandonnerai l’une des deux casquettes au plus tard en 2013.

– Laquelle, et selon quels critères?

– J’ai l’intention, si mon parti l’autorise, de me présenter en 2011 aux deux élections. Cela permettra, à Lausanne de renforcer la majorité, et à Berne d’essayer de maintenir le troisième siège écologiste vaudois. Après le combat électoral, au plus tôt fin 2011 et au plus tard en 2013, je choisirai, selon l’avancement des dossiers qui me tiennent à cœur, quelle casquette je céderai. A Lausanne, j’accorde beaucoup d’importance à de gros dossiers comme l’assainissement de la caisse de pensions, la réforme des polices, ou le projet Métamorphose ainsi que celui de Beaulieu. A Berne, je suis attaché aux projets d’agglomérations et à la construction de la troisième voie ferroviaire entre Lausanne et Genève.

– Vous avez été, en 1979, le premier et seul député écologiste élu au Conseil national. Vous faites maintenant partie d’un groupe de 24 députés. Quelle époque préférez-vous?

– Il y a plus de 25 ans, lorsqu’un élu d’un petit parti parlait trop longtemps ou attaquait, une vingtaine de députés des partis bourgeois faisaient claquer leur pupitre pour le faire taire. C’est donc nettement plus agréable, aujourd’hui, de faire partie d’un groupe plus important. Mais le nombre nous oblige à gérer une grande diversité de points de vue, ce qui n’est pas toujours évident.

Le marché de l’électricité, les questions de politique générale… Retrouvez l’interview de Daniel Brélaz dans son intégralité demain, dans notre édition papier de samedi et sur le web.