FRIBOURG

Les Verts fribourgeois ont l'esprit conquérant

Le parti présente trois candidats au Conseil d'Etat pour les élections de novembre.

Les Verts fribourgeois sortent du bois. Galvanisé par les récents succès électoraux de ses coreligionnaires vaudois, genevois et bernois, le parti aborde en effet les cantonales de novembre avec l'esprit conquérant, lançant pas moins de trois candidats dans la course au Conseil d'Etat.

Certes, leurs chances restent très limitées. Car si les Verts ont le vent en poupe dans l'agglomération fribourgeoise - en ville de Fribourg, ils ont récolté 10,9% des voix lors des communales de mars, un score historique -, ils ont davantage de peine à s'affirmer dans le reste du canton.

Le ticket Vert n'en comporte pas moins trois personnalités au profil intéressant, à défaut d'être largement connues. La première, Christa Mutter, est membre du législatif de la ville de Fribourg, où elle s'est fait une place, notamment en étant l'une des premières à exiger des éclaircissements sur la gestion de la caisse de pension. En mars, elle a terminé à la deuxième place sur une liste Verts-PCS-Ouverture, derrière la chrétienne-sociale Madeleine Genoud-Page, élue à l'exécutif de Fribourg.

Le deuxième prétendant, Hubert Zurkinden, est actuellement le seul Vert au Grand Conseil fribourgeois. Habitant lui aussi la cité des Zaehringen, il est secrétaire général du Parti écologiste suisse. Enfin, le troisième postulant, Roman Hapka, vient de la Broye. Secrétaire romand de Pro Natura, à Champittet (VD), ce Neuchâtelois s'est installé en pays fribourgeois en 2002, à Mannens, après avoir épousé une native du canton.

«Nous sommes réalistes. Nous ne partons pas dans une optique d'élection, mais pour participer au débat public et offrir une alternative à la population. Mais nous ne sommes pas des candidats alibis. Si l'un d'entre nous est élu, il assumera ses responsabilités», déclare Christa Mutter.

Le défi de l'image

D'un point de vue tactique, cette triple candidature est une option intelligente, qui devrait assurer au parti une meilleure visibilité que par le passé. Il pourrait en récolter les fruits en renforçant sa présence au Grand Conseil. Présentant quatre listes (Fribourg, Sarine, Lac, Broye), il revendique ouvertement trois sièges, rêvant d'en décrocher cinq pour former un groupe parlementaire. Un objectif qui n'a rien d'utopique, pour autant que les Verts sachent capitaliser le courant de sympathie dont ils font actuellement l'objet.

Car, pour eux, tout le défi est là. Dans les cantons voisins, le raz-de-marée écologiste a été possible grâce à un positionnement pragmatique. Or, sur les bords de la Sarine, les Verts ont une image de fondamentalistes. L'épisode de Galmiz, où le parti a été le seul du canton à entrer dans l'opposition, est par exemple resté en travers de nombreuses gorges. Sauront-ils corriger cette image, eux qui se font les chantres du social, de l'intégration et du développement durable? De la réponse à cette question dépendra leur succès.

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