Le parti écologiste fribourgeois sort du bois. Sous la houlette de ses deux coprésidents, le député au Grand Conseil Hubert Zurkinden et la conseillère générale de Fribourg Christa Mutter (lire ci-dessus), il a tenu hier une conférence de presse pour rappeler «qu'il n'y a pas que les Zurichois qui s'opposent à Galmiz».

Seul parti cantonal opposé à l'implantation de la

firme américaine Amgen dans les grands marais, les Verts – à l'instar du comité anti-Galmiz qui s'est formé outre-Sarine (LT du 23.03.2005) – fondent leur argumentaire sur ce point, essentiel à leurs yeux: en déclassant un terrain agricole en zone industrielle, le Conseil d'Etat a tordu le cou à l'aménagement du territoire.

«Ce site ne figure pas dans le plan directeur du canton; dans ces conditions, il est impossible d'y bâtir une usine», s'insurge Christa Mutter. Qui, ironiquement, félicite le Gouvernement fribourgeois d'être «parvenu à intéresser tous les Suisses à un sujet aussi rébarbatif que l'aménagement du territoire». Craignant que ce cas ne fasse école, elle milite donc pour une utilisation «parcimonieuse» du sol, ajoutant que le Conseil d'Etat avait déjà, en son temps, proposé à Swatch de s'installer à Galmiz – l'entreprise horlogère avait finalement opté pour la France. «Cela signifie que l'on garde en réserve des terrains à vocation industrielle qu'on a renoncé à inscrire dans le plan directeur. C'est une politique de zones grises, pas conforme à la loi.»

Hubert Zurkinden, quant à lui, a dénoncé la pression subie par les associations de protection de la nature, qui n'ont pas «osé faire opposition au projet». Refusant d'assumer le rôle de fossoyeur d'emplois, il estime en outre que le manque de coordination entre cantons et Confédération dans ce dossier donne une mauvaise image, «qui pourrait amener Amgen à renoncer à la Suisse».