Les Verts genevois redoutent la perte d’un siège

Elections fédérales Le parti écologiste espère oublier l’échec cuisant des dernières élections cantonales

Sa présidente mise sur un «retour aux fondamentaux» de sa formation

A la question de savoir si son parti conservera le deuxième siège dont il dispose au Conseil national, la jeune présidente des Verts genevois Lisa Mazzone réplique aussitôt par un «oui, clairement». La rapidité de la réponse tendrait presque à convaincre l’interlocuteur si un discret sourire n’avait pas fleuri aux commissures des lèvres de celle qui l’a donnée. A 26 ans, cette ancienne coordinatrice de la section genevoise de Pro Vélo – l’association faîtière de défense des intérêts des cyclistes – et députée au Grand Conseil n’est pas dupe: les sept sièges perdus au parlement cantonal en 2013 et l’éjection hors de l’exécutif de la conseillère d’Etat Michèle Künzler ont laissé des stigmates sur la peau d’un parti en pleine convalescence.

Pour récupérer un électorat vraisemblablement échaudé par une formation qui peinait à s’affirmer sur sa gauche et dont la lisibilité écologique semblait diluée, sa présidente affiche la couleur: «Il faut retourner aux fondamentaux.» Beaucoup de vert. Un peu de rose. Lisa Mazzone veut que son parti incarne celui de la «transition énergétique» et du «développement durable». «Parce qu’aucun autre parti n’est crédible sur les thématiques environnementales», lance l’élue pour couper court à la sempiternelle question de la récupération du programme politique des Verts par les autres partis. «L’écologie, c’est nous», assénerait presque la députée.

Pour défendre les deux sièges bernois, neuf candidatures ont d’ores et déjà été déposées auprès du comité directeur. On retrouve la discrète conseillère nationale sortante Anne Mahrer, son homologue Ueli Leuenberger quittant le parlement fédéral. Quatre députés – la cheffe de groupe Sophie Forster Carbonnier, l’ancienne présidente Emilie Flamand-Lew, François Lefort et Lisa Mazzone, qui l’a annoncé ce dimanche sur la télévision Léman Bleu – visent également un siège sous la Coupole.

Pour mieux conserver leurs précieuses places, les Verts genevois espèrent trouver leur salut dans l’union des forces de gauche. «Nous avons tout à perdre en partant divisés alors que la gauche genevoise est déjà dans une position délicate», déplore Lisa Mazzone, qui voit dans une coalition rose-verte-rouge un moyen de faire barrage «d’abord à la droite populiste que sont l’UDC et le MCG, puis au reste de la droite».

En réalité, et c’est bien là le paradoxe de la situation, tout porte à croire que la perte d’un siège écologiste profitera à l’extrême gauche genevoise, pour autant que cette dernière réussisse à s’entendre. La gauche de la gauche n’a pas eu de représentant à Berne depuis le conseiller national Pierre Vanek en 2003. Faute d’alliance également, elle avait disparu des bancs du Grand Conseil genevois pendant deux législatures entre 2005 et 2013.

Lisa Mazzone compte aussi sur les jeunes électeurs – «trop souvent abstentionnistes», dit-elle – pour faire progresser son parti. «C’est un électorat qui nous ressemble. Ils n’ont souvent pas besoin de voiture et sont proches des thématiques que nous défendons comme l’égalité homme-femme ou l’égalité entre toutes les formes de partenariat.»

«Nous avons toutà perdre en partant divisés alors que la gauche est fragilisée»