Prévoyance vieillesse 2020

Les Verts libéraux en sauveurs de la réforme

Le Conseil national scelle ce jeudi matin le sort du projet d’Alain Berset. Dernières tractations sous haute tension

Septante francs de bonus sur toutes les nouvelles rentes AVS, ou rien du tout. Après des heures de débats, le Parlement tranche ce jeudi matin. En cas de refus, c’est toute la réforme de la prévoyance vieillesse qui passe à la poubelle.

Les Verts libéraux joueront un rôle crucial. Après s’être opposés à ce bonus, après avoir proposé en vain des solutions de compromis, ils ont décidé mercredi soir de soutenir malgré tout le projet. «Nous ne sommes pas contents. Mais nous allons accepter cette réforme pour qu’elle puisse être soumise au peuple», explique la Zurichoise Tiana Angelina Moser. Les Verts libéraux pourraient ainsi apporter leur sept voix décisives.

Sept voix décisives

Le bonus de 70 francs sur toutes les nouvelles rentes AVS est une idée du PDC et du PS, défendue depuis le début par une majorité formée au Conseil des Etats. Il est destiné à compenser la baisse du taux de conversion dans le 2e pilier, afin de maintenir le niveau des rentes. Majoritaire au Conseil national, la droite n’en a jamais voulu, préférant augmenter le montant des cotisations. Mardi soir, la conférence de conciliation a tranché en faveur du modèle du Conseil des Etats. Avec une concession: le taux de TVA qui sera affecté au financement de l’AVS ne sera relevé que de 0,6% au lieu de 1%.

Le Conseil national doit maintenant avaler cette couleuvre. Une majorité qualifiée de 101 voix est nécessaire. Les groupes PLR et UDC se réunissent ce jeudi matin pour déterminer leur mot d’ordre. Mais avec la défection tardive des Verts libéraux, ils ne sont plus en position de force.

Au PLR, le Tessinois Ignazio Cassis ne cache pas sa rancoeur. Le bonus de 70 francs généralisé à toutes les rentes était la ligne rouge à ne pas franchir. «Mardi soir, nous avons encore fait plusieurs propositions pour limiter ce bonus à ceux qui en ont le plus besoin. En vain. A ce stade, le débat ne devient plus rationnel. Il s’agit d’une lutte de pouvoir. Ce n’est pas ce que j’aime dans la politique. C’est désastreux», déplore-t-il.

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