Apparemment nullement découragés par le cuisant échec, dimanche, de leur initiative sur la taxation de l'énergie, les Verts en lanceront plusieurs l'an prochain, probablement à l'automne, a indiqué mardi au Temps le coprésident du parti, Patrice Mugny. Une sur l'environnement, une autre sur le travail, et une troisième, peut-être, sur la formation. Celle portant sur le travail pourrait exiger le versement obligatoire dans toute la Suisse d'un salaire minimum de 3000 francs. Seule la direction des Verts a pour l'instant débattu du lancement de ces initiatives. Le bureau politique sera saisi de ces projets samedi, alors qu'un groupe de travail mandaté par le parti aura pour tâche d'élaborer une réflexion établissant une trajectoire dite «de la terre à l'assiette».

Chaînes de production visées

Etant donné les travaux parlementaires sur GenLex et la polémique actuelle entourant le refus d'une expérience sur un organisme génétiquement modifié (OGM), c'est l'initiative sur l'environnement qui retient le plus l'attention. «Non aux OGM dans nos assiettes», tel en serait l'intitulé, explique Patrice Mugny. Elle interdirait la présence d'OGM à tous les stades des chaînes de production alimentaire, humaine et animale: pas d'OGM dans la pitance des hommes ni dans celle des animaux, pas d'OGM non plus dans les cultures végétales. Aujourd'hui, l'importation de quelques fourrages génétiquement modifiés est seule autorisée. L'initiative des Verts ne serait pas dirigée contre la recherche scientifique en tant que telle, mais sans doute son application aurait-elle des retombées négatives, de l'avis des chercheurs.

Le projet de loi GenLex, qui doit encore passer devant le National après avoir été traité par les Etats, porte précisément sur l'expérimentation et la commercialisation de produits contenant des OGM, soumises l'une et l'autre dans le projet à des conditions très strictes. L'initiative des Verts ne poserait aucune condition, elle interdirait purement et simplement la présence d'OGM.

Le WWF tient prête de son côté une initiative semblable, qui établirait un moratoire de dix ans prohibant les OGM. L'organisation a menacé de la lancer si le parlement n'adopte pas de lui-même un moratoire. Le Conseil des Etats s'y est jusqu'ici refusé. «Nous pourrions, le WWF et les Verts, lancer chacun une initiative», réfléchit à haute voix Patrice Mugny.