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Les Verts se cherchent un(e) président(e)

Les pronostics penchent pour une femme, alémanique et élue à Berne

Nouveau défi en vue pour les Verts suisses: trouver un successeur à Ueli Leuenberger, qui quittera la présidence en avril prochain. Le parti a lancé lundi la procédure de nomination, fixant aux sections cantonales un délai au 27 janvier pour présenter leurs candidats. Profil recherché: une personnalité «qui représente de manière convaincante les valeurs vertes et qui soit à même de rassembler les divers courants du parti».

Après leur échec aux élections fédérales – les Verts ont perdu 5 sièges au Conseil national – la tâche n’a rien d’une sinécure. L’homme (ou la femme) providentiel (le) devra être capable de fédérer un mouvement tiraillé d’une part entre «fundis» (fondamentalistes) et «réalos» (pragmatiques), d’autre part entre une aile gauche ancrée dans l’opposition et une aile droite tournée vers la proposition. Le tout en respectant les équilibres linguistiques et régionaux. Et si la perle rare n’existe pas, les Verts gardent ouverte la possibilité d’une coprésidence.

«Quelle que soit la solution, la présidence devra tirer les conséquences du 23 octobre, explique la conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens-Goumaz. C’est-à-dire panser les plaies et rassembler. En plus, elle devra être à la fois pragmatique – sur des dossiers importants comme l’énergie – et visionnaire sur les dossiers qui nécessitent encore un travail de conviction, comme l’écologie industrielle ou l’aménagement du territoire.» La Vaudoise est-elle candidate? «Je suis à disposition, répond-elle. Mais seulement dans une logique de coprésidence. Je ne suis pas assez alémanique pour être présidente toute seule.»

Deux pistes bernoises

Pourtant, selon Ueli Leuenberger, la coprésidence «n’est pas la meilleure solution pour un parti national». Il refuse d’indiquer ses favoris, mais estime qu’il «serait bien de choisir une femme alémanique, puisque c’est une revendication qui existe au sein du parti». Mais pour lui, «l’important, c’est surtout d’élire quelqu’un qui connaisse la Suisse et qui maîtrise bien le français et l’allemand». Enfin, il lui paraît «difficilement envisageable de choisir quelqu’un qui ne siège pas à Berne».

Une femme, alémanique et élue à Berne? Les noms de deux Bernoises circulent, qui correspondent au profil: la conseillère nationale élue Regula Rytz et la conseillère nationale et actuelle vice-présidente des Verts, Franziska Teuscher. Problème: la première siège déjà à l’exécutif bernois et la seconde est toujours présidente de l’Association transports et environnement. Difficile pour l’une comme pour l’autre d’imaginer pouvoir cumuler. Mais sont-elles au moins intéressées? Ni l’une ni l’autre n’a rappelé Le Temps pour répondre à cette question.

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