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Alberto Mocchi, président des Verts vaudois, et Daniel Brélaz, conseiller national, lors du dépôt de l'initiative contre le gaz de schiste. 
© CHRISTIAN BRUN

énergie

Les Verts vaudois font le plein contre le gaz de schiste

Le parti écologiste fait aboutir une initiative pour interdire l’exploitation des hydrocarbures. Le moratoire en vigueur ne leur suffit pas

«La prospection, l’exploration et l’extraction des hydrocarbures sont interdites sur le territoire du canton de Vaud»: trois mois leur ayant suffi pour récolter près de 15 000 signatures valides (12 000 suffisent), c’est avec fierté que les Verts vaudois ont déposé lundi leur initiative cantonale. Le projet de loi vaudoise en cours sur la gestion des ressources du sous-sol jugé insuffisant, le parti écologiste cantonal met la pression sur les autorités. Il vise à contrer toute exploitation future de ce qui pourrait entraîner «de graves dangers écologiques en terres vaudoises, tremblements de terre, pollution des nappes phréatiques et dommages au paysage». Le texte laisse cependant la porte ouverte à la géothermie, énergie renouvelable.

«Aller plus loin que le moratoire»

Depuis 2011, le canton de Vaud dispose pourtant déjà d’un moratoire sur les gaz de schiste. L’initiative est-elle bien nécessaire? «Il faut aller plus loin et inscrire dans la Constitution ce qui semble être une évidence, milite Alberto Mocchi, président des Verts vaudois. Il ne s’agit pas d’une thématique d’écolo extrémiste. Urbains comme ruraux de tous les milieux ont répondu à l’appel.»

La fracturation hydraulique, également connue sous son nom anglais de fracking, étant déjà utilisée à grande échelle, il a été facile de démontrer par l’exemple la nécessité d’interdire ces méthodes, et donc de récolter les signatures, poursuit le politicien.

La thématique n’est pas nouvelle. En 2014, le Grand Conseil bernois interdisait déjà le fracking. Dans la foulée, les autorités neuchâteloises ont décrété un moratoire de dix ans sur tout projet de forages d’hydrocarbures. Toujours en Suisse, Genève, Zoug et Fribourg ont également tous pris des mesures contraignantes. En France, le gouvernement Hollande avait proscrit le fracking en 2011. Emmanuel Macron, épaulé par Nicolas Hulot, cherche quant à lui à interdire tout nouveau permis d’exploration d’hydrocarbures d’ici à l’automne 2017.

«Les Vaudois ont voté à 73% en faveur de la stratégie énergétique 2050, souligne Daniel Brélaz, et la Suisse s’est prononcée en faveur des accords de Paris. L’initiative est donc en parfaite cohérence avec les engagements cantonaux et internationaux.» Cette initiative s’oppose de manière claire aux forages exploratoires déjà en cours. «Les opposants (notamment les entreprises actives dans le secteur gazier) doivent comprendre que le monde a changé», ajoute l’ancien syndic de Lausanne.

Vifs débats à l’horizon

Du côté du Conseil fédéral, aucune interdiction ou moratoire n’a été prononcé à ce jour, le sous-sol relevant de la compétence des cantons. Mais le gouvernement suisse ne soutient pas le recours à la fracturation hydraulique, à la satisfaction du parti écologiste.

La récolte de signatures terminée, les Verts vaudois précisent qu’il ne s’agit là que d’une étape. La balle est maintenant dans le camp du Conseil d’Etat et du Grand Conseil, qui vont devoir se prononcer sur le sujet dans les deux ans. L’actuelle majorité bourgeoise du parlement vaudois étant plutôt favorable aux prospections d’énergies fossiles, la question laisse augurer de vifs débats.

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