Élections fédérales

Les Verts vaudois en quête d’un siège supplémentaire

Les thèmes de l’écologie et du climat à la une en 2019, les Verts ont le vent en poupe. La section vaudoise compte en profiter en octobre

Depuis quelques mois, l’échiquier politique suisse dans sa quasi-entièreté s’est intéressé à la question climatique, avec parfois un souci de crédibilité. Les élections fédérales d’octobre approchant, les différents partis sont obligés de se profiler sur ce thème qui pousse des dizaines de milliers de personnes à descendre dans la rue. «Tant mieux si l’urgence climatique interpelle de tous les côtés, mais l’électeur préfère toujours l’original à la copie, souligne, confiant, le président des Verts vaudois, Alberto Mocchi. Nous sommes les plus compétents en matière d’environnement.»

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L’appétit des Verts vaudois

Aux dernières élections fédérales, les Verts vaudois obtenaient un score de 9,6%, un peu plus avec les Jeunes Verts. Aujourd’hui, les deux conseillers nationaux Adèle Thorens et Daniel Brélaz se représentent aux élections fédérales de 2019, tous deux soutenus par leur parti, et les Verts sentent qu’un troisième siège est à portée de main. Le président cantonal Alberto Mocchi est candidat, aux côtés des députés Léonore Porchet et Raphaël Mahaim et de la secrétaire générale de la FRC (Fédération romande des consommateurs), Sophie Michaud Gigon: «Notre objectif est de remporter trois sièges au Conseil national cette année et de récupérer, en partenariat avec le Parti socialiste, le siège du Conseil des Etats perdu par Luc Recordon en 2015», déclare-t-il.

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Les électeurs vaudois sont à majorité de droite, mais semblent également sensibles aux causes environnementales. On a ainsi vu Lausanne devenir, lors des manifestations, un épicentre de la mobilisation. Les Verts n’ont pas le monopole de la sensibilité environnementale. Les Vert’libéraux forment un groupe de huit élus au parlement (contre 21 pour les Verts). L’unique élue Vert’libérale romande, Isabelle Chevalley, brigue un troisième mandat le 20 octobre 2019 prochain.

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Le président du PLR Vaud défend la politique de transport durable de son parti. «En matière de mobilité, on ne peut pas reprocher au PLR, notamment lausannois, son manque de vision: on lui doit le M2, le M3, qui sont tous les deux des initiatives PLR», signale Marc-Olivier Buffat. «Au niveau fédéral, Olivier Français a récemment fait passer la croix fédérale de la mobilité, c’est-à-dire des axes nord-sud-est-ouest, avec des trains plus rapides. C’est mieux que des taxes, le PLR s’engage pour une véritable mobilité.»

Mais peut-on être de droite et pour la décroissance? «Cela me semble difficile», répond Alberto Mocchi. «L’écologie ne peut être séparée d’une certaine justice sociale. C’est tout ce qui se passe avec les «gilets jaunes», où le gouvernement a voulu taxer l’essence sans penser à protéger les personnes qui en souffriraient. En Suisse, le PLR et l’UDC défendent une société basée sur une croissance infinie. Ce système arrive à bout de souffle: la consommation et la production telles qu’elles sont prônées par ces partis ont des effets dévastateurs pour notre planète. On sait aujourd’hui que la technologie ne suffira pas à nous sortir de cette impasse.»

Vingt-cinq ans de présence au gouvernement

Cela fait vingt-cinq ans en continu que le canton de Vaud compte un ministre vert dans son gouvernement. Pas forcément à la tête du Département de l’environnement, le ou la conseillère d’Etat écologiste mène une politique de gauche en insistant sur la durabilité et les points écologiques des différents projets gouvernementaux. «Les Verts ont aussi une manière différente des autres partis de faire de la politique», rapporte Alberto Mocchi. «Nous n’attaquons pas nommément les adversaires. Notre fonctionnement est horizontal et participatif.»

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