La prochaine législature communale verra-t-elle enfin la région lausannoise se doter de véritables transports d'agglomération?

Alors que la Confédération discute de la mise en œuvre de son fonds d'infrastructures (LT du 04.02.06) et que la pollution urbaine préoccupe les autorités cantonales, les Verts vaudois ont présenté hier leurs objectifs en matière de transports publics.

Dossiers déjà présents dans le Projet d'agglomération

Malgré le statut cantonal, voire fédéral, de la question, les Verts ont tenu à inscrire le dossier dans leur campagne pour les élections communales du 12 mars: la présentation des principaux aménagements des transports publics était assurée par les candidats aux municipalités de l'agglomération lausannoise.

Rien de bien neuf dans les espoirs écologistes: les principaux projets soutenus sont déjà amorcés, notamment dans le Projet d'agglomération Lausanne-Morges (PALM).

«Nous n'inventons pas la roue, reconnaît le conseiller national et municipal de Jouxtens-Mézery, Luc Recordon. Mais nous voulons maintenant la faire tourner.» De fait, la région lausannoise a toujours plus manqué de réelle volonté politique que de projets. Les Verts fixent donc les priorités et le calendrier.

Forte demande autour du LEB

«Il faut se concentrer sur la question des infrastructures, résume le syndic écologiste lausannois Daniel Brélaz. Il est essentiel de réaliser un système de RER avec passage toutes les 15 minutes. Ce n'est que comme ça que l'on pourra inciter les gens à prendre les transports publics pour venir à Lausanne.» Pièce maîtresse du réseau vaudois, la future gare de Malley a justement reçu le soutien de la Confédération, qui y consacrera 40 millions de francs.

Premier objet à retenir l'attention des écologistes: le Lausanne-Echallens-Bercher (LEB). Les écologistes veulent le voir circuler toutes les 15 minutes, contre toutes les 30 actuellement, et ce avant la fin de la prochaine législature. «La demande est de plus en plus forte le long de l'axe du LEB, rapporte Luc Recordon. Il est essentiel que la croissance prévue pour le canton se fasse dans ce genre de zone reliée aux transports en commune. Et les communes entre Lausanne et Echallens ont justement un fort potentiel de développement.»

Funiculaires critiqués

Reste la question du financement: l'entrée du LEB dans la capitale vaudoise demeure très problématique sur l'avenue d'Echallens, théâtre de plusieurs accidents graves ces dernières années. L'idée serait donc de profiter du renouvellement du matériel vieillissant pour acheter des tramways: leurs meilleures capacités de freinage atténueraient les problèmes de sécurité tout en permettant de meilleures cadences.

Autre grand chantier: la liaison Lutry-Bussigny en tramway, qui compléterait le réseau lausannois d'est en ouest en remplaçant les actuelles lignes de bus. «Là, il ne faut pas espérer d'aboutissement avant l'horizon 2016, prévient Daniel Brélaz. Mais c'est maintenant qu'il faut commencer à étudier la question.»

Le syndic a profité de la conférence de presse pour commenter l'idée de son conseiller municipal des Travaux, Olivier Français. Le radical espère créer deux funiculaires pour relier la Riponne à la Blécherette d'une part, et à Sauvabelin de l'autre. «Ces projets n'existent pas dans la planification fédérale. Il faudrait donc un financement entièrement lausannois. Ou attendre leur inscription au niveau fédéral. Et ce ne sera pas avant 2015 à 2025.»