L’élection complémentaire au gouvernement zurichois du 29 novembre est plus pimentée que prévu.Candidat pressenti depuis plusieurs jours, le Vert libéral Martin Bäumle, actuel président du parti et conseiller national a fait savoir mercredi soir qu’il ne se lançait pas dans l’aventure. La section cantonale n’avancera aucun candidat, contrairement à ses ambitions manifestées fin août lors de l’annonce de la démission de Rita Fuhrer (UDC). En fait, il s’agit là d’un acte de sagesse.

En effet, la candidature de Martin Bäumle a passablement perdu de son poids ces derniers jours. Premier contre-temps: lundi soir, les Verts décident, ignorant les recommandations de leur comité directeur, de ne pas apporter leur soutien à un politicien jugé trop à droite sur des questions sociales ou de politique financière (LT 23.09). Ils s’abstiennent malgré tout d’engager l’un des leurs dans la course, estimant le moment malvenu.

Deuxième imprévu: celui intervenu mardi soir. Les socialistes, hostiles à l’idée de soutenir le Vert libéral, font savoir qu’ils revendiquent un troisième siège au gouvernement, eux pourtant en perte de vitesse lors des dernières élections. Le candidat sera désigné le 6 octobre mais les spéculations vont déjà bon train et deux noms résonnent plus fort que les autres: ceux de Chantal Galladé et surtout de Daniel Jositsch, tous deux conseillers nationaux. Daniel Jositsch est connu pour des prises de position en dissonance avec celles de son parti, notamment quand il parle d’un « problème de criminalité étrangère». Aujourd’hui dans la Wochenzeitung, les Verts font, via leur conseiller national Daniel Vischer, déjà entendre que son profil ne leur convient pas davantage que celui du Vert-libéral.

A deux mois de l’échéance, le parti qui paraissait au départ le plus en danger, soit l’UDC très menacé de perdre l’un de ses deux sièges, peut se frotter les mains. « La décision des socialistes fait l’affaire de l’UDC», ont d’ailleurs dénoncé mercredi les Verts-libéraux, qui jugent désormais préférable de se concentrer sur l’échéance de 2011.

Si à gauche on ne parvient pas à s’entendre, les libéraux-radicaux tout comme les démocrates-chrétiens ne devraient, sauf grosse surprise, pas contester le second siège UDC. Les délégués du parti de droite se prononcent ce jeudi soir sur la personne qu’ils veulent soutenir dans leurs rangs. Trois noms, guère connus hors du parti, sont encore en lice: le député au Grand Conseil Ernst Stocker, maire de Wädenswil et recommandé par le comité du parti, le conseiller national Jürg Stahl et le maire d’Oberrieden Martin Arnold. L’exécutif est actuellement composé de deux UDC, deux PLR, deux socialistes et un démocrate-chrétien.