C'est un mauvais polar, dont le Jura ne sort pas grandi. Quoi de plus mesquin que d'emboucher les trompes d'un imposteur clamant qu'une ONG roumaine traficote avec l'obole du Jura, à peine 80 000 francs en trois ans. De nombreux Jurassiens, même des députés, ont admis sans autre forme de procès que le coulage financier était «attendu» dans un projet en Roumanie. Le rapport du contrôleur des finances démontre le contraire, jusqu'au dernier franc, mais il brise avec une vigueur qui l'honore toute insinuation prétendant qu'une partie de l'argent placé dans des projets de coopération finit dans la poche des coopérants indigènes. Il tord le cou à ceux qui rêvaient d'utiliser l'affaire roumaine pour monter une cabale contre le délégué à la coopération et, plus grave, contre la coopération elle-même, ces quelques dizaines de milliers de francs servant à initier des projets modestes, «pourtant cohérents et porteurs de sens», selon Stéphane Berdat. En marge des opérations spectaculaires, la «petite» coopération d'un «petit» canton a toute sa raison d'être. En plus des projets réalisés dans des régions sinistrées, une telle politique renforce l'esprit d'ouverture et la solidarité qui font la réputation des Jurassiens et dont ils sont si fiers.