Lancée par des membres de l'Union démocratique fédérale (UDF) et de l'UDC, l'initiative populaire demande d'inscrire l'interdiction de construire des minarets dans la Constitution fédérale. Cette interdiction figurerait à l'alinéa 3 de l'article 72, un article qui charge la Confédération et les cantons de veiller à la paix religieusedans le pays. Pour les initiants, le minaret n'a pas de caractère religieux mais est le «symbole apparent d'une revendication politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux». D'éminents juristes, à l'instar de l'ancien président du Tribunal fédéralGiusep Nay, ont déjà fait savoir qu'une personne qui recourrait contre une telle interdiction aurait toutes ses chances d'obtenir gain de cause auprès de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg. Giusep Nay appelle ainsi le Parlement à ne pas soumettre le texte en votation. Mardi, le PDCa réagi rapidement via un communiqué pour qualifier l'initiative d'«anticonstitutionnelle, dangereuse et stupide».

Sur les plans cantonaux, Soleure et Berne ont déjà refusé de telles interdictions. Et le 23 juin, le Grand Conseil zurichois a nettement rejeté une initiative de l'UDC visant à interdire la construction de nouveaux minarets. Seuls deux minarets existent actuellement en Suisse. L'un se trouve à Zurich, l'autre à Genève. Mais aucun des deux ne sert à l'appel à la prière.