Le parquet de Mulhouse (F) a ouvert une enquête criminelle pour homicide volontaire à la suite de la découverte, mardi, du corps de Michèle Röthlisberger-Zaugg – veuve de l’artiste suisse Rémy Zaugg – dans sa propriété de Pfastatt, dans le Haut-Rhin (F). Retrouvé dans une dépendance de sa propriété, le corps présentait des blessures à la tête. Michèle Röthlisberger-Zaugg était âgée de 69 ans.

Une autopsie a eu lieu jeudi. Contacté par Le Temps, le procureur du parquet de Mulhouse, Hervé Robin, indique que «les premiers éléments de l’enquête – plusieurs coups portés au crâne ont été constatés – accréditent la thèse de l’homicide volontaire».

C’est le jardinier de la propriété – une maison de maître dans le quartier des anciennes usines Texunion, précise L’Alsace – qui a alerté la police le 16 janvier, alors qu’il était sans nouvelles de sa patronne. Les gendarmes et les pompiers se sont rendus une première fois sur place dans la foulée, sans rien trouver. Ce n’est que mardi que la police judiciaire de Mulhouse a retrouvé le corps.

Deux conflits

La police judiciaire a passé la journée de mercredi à enquêter sur les lieux, notamment pour reconstituer la scène du crime, indique encore Hervé Robin. Selon le parquet, la victime était en conflit avec sa fille concernant la succession de son mari, décédé en 2005, ainsi qu’avec son voisin, qui était aussi son locataire. La maison de ce voisin a été mise sous scellés par la police, affirme l’AFP.

Selon nos informations, le conflit de succession entre Michèle Röthlisberger-Zaugg et sa fille, âgée d’une cinquantaine d’années, ne datait pas d’hier. Divorcée, la fille de Rémy et Michèle Zaugg aurait vécu chez sa mère jusqu’à l’été 2012. Une date à partir de laquelle la mère et la fille se seraient perdues de vue. Des contacts auraient été renoués à la fin de l’année 2013, ce que confirme le parquet, mais la discussion aurait tourné court et les deux femmes auraient alors à nouveau pris leurs distances. Toujours selon nos informations, à la suite de cette discussion, la fille du couple Zaugg aurait effectué un séjour dans un établissement psychiatrique d’Altkirch, en Alsace, avant de disparaître dans la nature.

Un juge d’instruction doit être saisi de l’affaire dans les prochains jours. A ce stade, aucune interpellation ni audition n’a encore eu lieu. «La fille de la victime fait partie des gens que nous souhaitons entendre. Mais nous n’avons aucune piste pour l’instant», précise le procureur. Selon une source proche du dossier, la fille de la victime est toutefois actuellement recherchée par Interpol.

Le couple Röthlisberger-Zaugg avait vécu en toute discrétion à Pfastatt jusqu’au décès de l’artiste. Peintre, sculpteur, auteur de nombreux projets urbanistiques et architecturaux, Rémy Zaugg jouissait d’une réputation mondiale. Il avait notamment collaboré avec les architectes Herzog & de Meuron. Egalement critique d’art et organisateur d’expositions, il avait mis sur pied la rétrospective Giacometti à Paris, en 1991. Berlin lui avait aussi réservé une place particulière dans l’Akademie der Künste, à côté de la porte de Brandebourg, peu avant sa mort.