Routes

Le viaduc de Riddes fermé pour plusieurs mois aux poids lourds

Le viaduc enjambant l’A9 à Riddes demeurera interdit aux véhicules lourds probablement jusqu’à fin 2019. Il n’y a pas de risque d’effondrement, mais de déformation verticale, indique l’Ofrou, et il contient de l’amiante

Le viaduc de Riddes (VS) enjambant l’autoroute A9 demeurera interdit aux véhicules lourds durant plusieurs mois, vraisemblablement jusqu’à fin 2019. Cette décision a été prise par l’Etat du Valais et l’Office fédéral des routes (Ofrou), suite à un rapport d’experts.

De récents contrôles n’ont pas pu lever la décision prise le 25 juin dernier. De l’amiante a notamment été observé à l’intérieur du pont.

Si les investigations progressent depuis un peu plus d’un mois, seule une partie de la structure a pu faire l’objet de l’ensemble des analyses souhaitées, indiquent dans un communiqué commun, l’Ofrou et le Service valaisan de la mobilité. L’ouvrage est une copropriété de la Confédération (à 65%) et du canton du Valais (à 35%).

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Les inspections dureront plusieurs mois, vraisemblablement jusqu’à la fin de l’année, précise le communiqué. D’ici là, le viaduc et la bretelle d’autoroute resteront interdits à la circulation pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes. Les déviations mises en place depuis un mois demeurent fonctionnelles.

Présence d’amiante

De l’amiante a été découvert à l’intérieur du pont. «Corollaire: ce n’est que lorsque tout risque pour la santé des travailleurs sera écarté que les investigations structurelles dans le caisson du pont pourront être entreprises», précisent l’Ofrou et le Service valaisan de la mobilité.

De la corrosion a également été observée sur les câbles de précontraintes, une technique de construction qui consiste à introduire des efforts internes à l’aide de câbles tendus dans le béton. Des investigations sont également en cours sur le tablier du pont.

Question de sécurité

Fin juin, la décision d’interdire l’utilisation du viaduc aux plus de 3,5 tonnes avait été prise à titre de précaution afin de garantir la sécurité structurale du viaduc et jusqu’au terme des investigations complémentaires.

Selon le chef du Service valaisan de la mobilité, Vincent Pellissier, une remise en l’état de l’ouvrage coûterait 22 millions de francs, dont 8 à la charge du canton. Une reconstruction complète avoisinerait, elle, les 80 millions de francs. Quelque 10 000 véhicules empruntent l’ouvrage quotidiennement.

Consultez le rapport sur l’état du réseau des routes nationales publié le 23 octobre 2018 par l’Ofrou


«Nous n’avons pas observé d’autres ouvrages qui présentent une telle situation»

Le cas de Riddes est-il un cas isolé? Et comment l’Ofrou procède-t-il à ses contrôles sur l’ensemble du réseau routier? Trois questions à Guido Bielmann, porte-parole de l’Ofrou.

Le Temps: D’autres exemples du même type que la situation du viaduc de Riddes pourraient-ils survenir en Suisse?

Guido Bielmann: Un risque zéro n’existe nulle part. A priori, il n’existe pas d’autres ouvrages se trouvant de la même situation. L’Office fédéral des routes (Ofrou) travaille systématiquement dans le contrôle des ouvrages d’art. Selon un processus défini, chaque ouvrage (ponts, galeries, tunnels, sur-passages, sous-passages…) est examiné tous les cinq ans selon une liste de critères. Ainsi, l’ouvrage est classé, selon son état, dans une classe d’état 1 à 5. En cas de découverte de dégâts, l’ouvrage sera réparé ou rénové immédiatement ou ultérieurement. Mais les ouvrages sont aussi sous observation continuelle par les équipes des travaux quotidiens. Nous disposons d’une liste de contrôle sur laquelle nous suivons l’évolution des ouvrages.

Existe-t-il d’autres ouvrages de la même époque et d’un style de construction proche qui pourraient souffrir des mêmes problèmes? Si oui, combien?

Le pont de Riddes est en fonction depuis 1976. Entre 1976 et 1980, la totalité de 495 ponts ont été construits sur le réseau autoroutier (19,3% de tous les ponts existants aujourd’hui). Beaucoup de ces ponts font partie de la structure d’une bretelle (il y a au total 400 entrées et sorties et bretelles sur 1858 km d’autoroutes). Nous n’avons pas observé d’autres ouvrages qui présentent une telle situation. Nous réagirions immédiatement si c’était le cas.

Pourrait-on imaginer une avalanche de fermeture de ponts? Ou du moins de restrictions de circulation?

Non, comme expliqué précédemment, tous les ouvrages d’art sont examinés périodiquement d’une manière systématique. Le pont de Riddes est un bon exemple pour la fiabilité de nos contrôles. Nous avons découvert les dégâts lors d’un contrôle à la sécurité sismique qui fait partie de nos contrôles systématiques. D’ailleurs, ce pont est une route cantonale qui traverse l’autoroute, la ligne ferroviaire et le Rhône. Concernant Riddes, le pont a été examiné par nos experts et ceux du canton du Valais. La première mesure prise est la fermeture aux poids lourds. Il n’y a pas de risque d’effondrement, mais d’une certaine déformation verticale. D’où la prise de cette décision pour assurer la sécurité.

Propos recueillis le 23 juillet 2019 par Grégoire Baur

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