Les députés vaudois ne veulent pas entendre parler d’un jour par semaine sans viande ni poisson. Ils ont classé mardi à «une nette majorité» un postulat écologiste prônant une «stratégie volontariste» en la matière.

«Volontariste précède toujours le mot obligatoire», puis suivent punir et exclure: pour le libéral Philippe Vuillemin, le postulat du Vert Yves Ferrari représente clairement «une atteinte aux libertés individuelles».

Avec modération

Cette critique résume à grands traits diverses interventions entendues au Grand Conseil. Pour la majorité des députés, de l’UDC au Parti socialiste, il convient effectivement de consommer de la viande avec modération afin de ne pas gaspiller les ressources de la planète par une production exagérée de viande.

En Suisse, la consommation annuelle de viande atteint 55 kilos par personne, alors qu’elle est de 127 kilos aux Etats-Unis. Les députés partagent les objectifs du postulat, mais celui-ci vise «une interdiction, soyons clairs», a relevé Laurent Ballif. Le socialiste a déploré la méthode retenue alors qu’il y avait de nombreux autres moyens pour parvenir au but recherché.

Il faut «consommer suisse», a martelé l’UDC Jean-Luc Chollet. Si l’on veut favoriser une agriculture et un élevage respectant des critères écologiques et éthiques, la préférence doit être donnée à ce qui se fait ici. Des normes strictes sont respectées en Suisse pour la nourriture du bétail, son abattage, son transport autant que pour les conditions de vie et de salaire des paysans.

Renoncer aux importations?

Quelque 80% de la production de viande vient de Suisse. Avec un jour sans viande, cela permettrait de renoncer aux 20% d’importations, a rétorqué le motionnaire Yves Ferrari. Il a constesté vouloir contraindre la population: c’est un processus volontaire qu’il faut encourager, a-t-il affirmé.

»Ce postulat n’enlève aucune liberté à personne», il invite à découvrir d’autres saveurs, a renchéri l’écologiste Claudine Dind. Cette initiative a «un caractère purement symbolique» qui vise à donner «un modeste signal», a soutenu son collègue de parti Alexis Bally, alors que libéral Jean-Marie Surer qualifiait ce texte de «gadget bobo».