S’il fallait un geste fondateur pour la région franco-valdo-genevoise, c’était celui-ci. En plébiscitant le CEVA, en attente depuis plus d’un siècle, les Genevois ont démontré leur volonté d’en finir avec l’immobilisme issu de la méfiance de certains vis-à-vis de tout grand projet d’infrastructure. On peut espérer que ce message sera entendu loin à la ronde, pour que les chantiers immobiliers, en premier lieu celui de la Praille, se débloquent enfin. En jouant un rôle structurant, le CEVA devrait y contribuer.

Le vote massif des Genevois démontre également leur détermination à faire tomber les dernières murailles. Celles de la peur et du repli, que les formations populistes ont honteusement exploitées en réduisant le frontalier à un profiteur, ou pis, à de la «racaille.» Après la campagne nauséabonde des populistes en vue des élections cantonales, qui a débouché sur la victoire du Mouvement citoyens genevois au parlement, le signal d’ouverture donné par Genève est salutaire.

Aux autorités genevoises et françaises de se montrer dignes de cette confiance en faisant en sorte que les mesures d’accompagnement, comme la création de parkings d’échange ou la réduction des nuisances, soient à la hauteur de l’ambition.