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Victoire de l'UDC: beaucoup de Français enthousiastes

C'est en France que l'on s'échauffe le plus autour des élections fédérales 2015. Front national et thématique migratoire oblige

En France, on n’étonnera personne, c’est le Front national qui a réagi le plus rapidement, en la personne de Marine Le Pen elle-même qui tweete derechef: «victoire de l'#UDC en #Suisse: partout en Europe les peuples disent non à la submersion migratoire! #EF2015 MLP».

En voilà une qui partage le sentiment des sondages menés lors de cette campagne et qui nous disent que la question migratoire a été au centre des préoccupations et des craintes des électeurs suisses.

Mais sur Twitter, ce sont surtout les articles du Monde et du Courrier international que les internautes diffusent et partagent à la cantonade. L’article du Monde titre: «En Suisse la victoire attendue des populistes aux élections fédérales.» Un internaute proteste: «Et Hop! «Populiste» dans le titre, tout est dit. C’est pratique, on n’a même pas besoin de lire l’article.» Un autre en rajoute une couche: «Victoire des populistes! Maurisse (c’est le nom de la correspondante du Monde qui signe l’article) tu m’affoles.» Un autre joue les Cassandre: «Le PS français ferait bien de réfléchir à ce résultat. Quand la gauche marche l’œil dans les sondages FN, elle prépare la victoire de ce dernier. Par contre avec les valeurs de la gauche (pas celles de Macron et Valls), elle joue un rôle politique qui seul à la longue peut faire barrage au FN».

Des mots qui font mouche

Du côté du Courrier International, c’est: «Résolument anti-immigration et anti-Union européenne, l’UDC est le grand vainqueur des élections législatives suisses». «Anti-immigration», «anti-Union européenne»: les mots font mouche en France, car ils signalent les hantises qui sont sur le point de s’inviter aux élections régionales de ce pays: et nul ne doute que ce rendez-vous électoral hexagonal sera lui aussi marqué par ces deux facteurs.

Sur le site du Figaro, sous l’article: «L’UDC sort renforcée des législatives en Suisse», 105 commentaires se pressent au portillon. Daniel Hérault constate: «Les Suisses sont des gens sérieux, pas question d’immigration qui se retournera demain contre eux: la culture, la religion, le mode de vie, la place de la femme sont des choses trop importante qu’il faut défendre, l’Allemagne, la France en reviendront de leur autisme, les générations précédentes ne se sont pas intégrées. C’est cela la vérité, bravo la Suisse.». Un bravo qui résonne dans de nombreuses autres interventions, tandis que l’on peine à trouver des lecteurs qui ne partagent pas ces cris d’admiration pour l’UDC.

En Allemagne, on se gargarise

En Allemagne, les journaux se gargarisent volontiers du mot qui a fait, hier, le tour des plateaux de télévision suisses alémaniques: le «Rechtsrutsch», le glissement à droite. Et comme les Allemands ont appris à connaître Roger Köppel, le rédacteur en chef de la Weltwoche qui a raflé la mise hier à Zurich pour le National, et qui fut, en son temps, rédacteur en chef de la Welt à Berlin, ils mettent en évidence le succès que le publiciste remporte à Zurich. Ainsi de la Süddeutsche Zeitung qui s’étend sur le succès phénoménal du «Quereinsteiger», celui qui ne faisait pas partie du sérail politicien. Pour le reste, la presse allemande, de la Frankfurter Allgemeine Zeitung au Spiegel, en passant par la Süddeutsche Zeitung subodore bien que la victoire de l’UDC ne va pas follement simplifier les relations de la Suisse avec l’Union européenne.

Du côté des Anglo-Saxons enfin, la lecture des résultats et le constat sont de la même eau: le Wall Street Journal pointe l’importance de l’élément migratoire dans les motivations de l’électorat et met en évidence le rôle que le PLR jouera nécessairement pour négocier avec l’UDC une Suisse prospère et orientée business. Quant au New York Times, il cite en conclusion de son article Toni Brunner himself qui déclare: «Il est important d’écouter le peuple suisse».

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