Suisse alémanique

La victoire des «Quereinsteiger», les nouveaux venus de la politique suisse

Roger Köppel, Magdalena Martullo-Blocher et Tim Guldimmann accèdent au Conseil national. Des ténors du parlement, comme le chef du groupe parlementaire, Andy Tschümperlin sont évincés

Le parti socialiste sort vainqueur à Zurich avec deux nouveaux sièges au National et un fauteuil aux Etats perdu il y a plus de 30 ans. Le professeur de droit Daniel Josistch est élu au premier tour, récoltant davantage de suffrages que ses adversaires Ruedi Noser (PLR) et Hans Ueli-Vogt (UDC), dans un canton pourtant dominé par le parti national conservateur. Un 2e tour est prévu le 22 novembre. 

Mais cette journée marque surtout la victoire des «Quereinsteiger», les nouveaux venus de la politique suisse. L’ancien ambassadeur Tim Guldimann accède à la Chambre basse dans les rangs du PS. Le diplomate de 65 ans résidant à Berlin avait annoncé qu’il ne déménagerait pas. Il est le premier Suisse de l’étranger élu depuis Friedrich Traugott (1959).

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L'élection qui fait sensation ce dimanche est celle du rédacteur en chef de la Weltwoche. Avec plus de 178 000 voix, Roger Köppel obtient le meilleur score de son parti  – ainsi que du paysage politique dans son ensemble -  alors qu’il n’était placé qu’en 17e position sur la liste de l’UDC zurichoise. Il fait mieux que la très populaire Natalie Rickli (167 000 voix), ou que le président du parti cantonal, Alfred Heer (143 000). Deux des conseillers nationaux actuels, Christoph Mörgeli et Hans Fehr ont été sacrifiés par les électeurs qui ne leur ont accordé que 123 000 voix chacun. Ils ne siégeront pas parmi les 12 élus UDC zurichois au national.

La fille de Christoph Blocher derrière Heinz Brand

Autre nouvelle venue dont le résultat électoral était très attendu ce dimanche: Magdalena Martullo-Blocher. L’UDC grisonne a réussi son pari en décrochant deux sièges sur cinq au Conseil national et en plaçant le président du parti cantonal, Heinz Brand, ainsi que la fille de Christoph Blocher. Il n’y a pas eu de règlement de compte au sein de la formation politique, malgré la campagne de publicité négative orchestrée par un noyau dur de l’UDC. Le conseiller national Heinz Brand a obtenu le meilleur score au National, avec 16,6% des suffrages. Le Grison, qui est également l’un des favoris pour un 2e siège UDC au Conseil fédéral, précède les candidats du PS, du PDC et du BDP. Magdalena Martullo-Blocher obtient le cinquième siège, que détenaient les Verts-Libéraux. La patronne d’Ems-Chemie ne réside pas dans le canton, mais la Zurichoise a réussi à se vendre auprès de l’électorat comme la représentante de l’économie grisonne. «Je suis le plus grand employeur du canton», se plait-elle à rappeler.

Andy Tschümperlin se retire de la politique

L’UDC a marqué un coup également dans le canton de Schwytz. Le parti national conservateur est parvenu à évincer le chef du groupe parlementaire socialiste, Andy Tschümperlin, du Conseil national. Le politicien de 53 ans siégeait depuis 2007 à la Chambre basse et ne s’attendait pas à cette défaite. Les analystes politiques non plus. Il est remplacé par l’UDC Marcel Dettling. Les quatre sièges du canton de Schwyz sont désormais occupés par des partis bourgeois (2 UDC, 1 PLR et 1 PDC). Déçu, le tenor du PS compte se retirer de la scène politique, a-t-il annoncé dimanche.

Paul Rechsteiner en ballotage

Un fauteuil socialiste est également menacé à Saint-Gall au Conseil des Etats. Alors que la sénatrice Karin Keller-Sutter (PLR) a atteint la majorité absolue au premier tour, son homologue socialiste, Paul Rechsteiner, s’est fait talonner par le candidat UDC. Le président de l’Union syndicale suisse (USS) récolte près de 63 000 suffrages, tandis que son adversaire UDC, Thomas Müller, en obtient 50 600. Un second tour doit les départager le 15 novembre. Au Conseil national, la verte Yvonne Gilli et la verte libérale Margrit Kessler, présidente de l'Organisation suisse des patients, ont été désavouées par les électeurs, et remplacées par des candidats PDC et PLR.

Le président du PBD, Martin Landolt, a lui réussi à conserver sa place dans le canton de Glaris. Il a été reconduit au Conseil national avec quelques centaines de voix d’avance sur son rival socialiste Jacques Marti. Le président de l’UDC, Thomas Brunner, avait affirmé dans la presse qu’il soutenait pour la première fois un candidat socialiste dans l’espoir de voir trébucher son ennemi juré. 

Un jeune PLR de 31 devant Yvette Estermann

Thomas Minder (indépendant), auteur de l’initiative «contre les rémunérations abusives», garde également sa place au Conseil des Etats, à Schaffhouse, aux côtés de Hannes Germann (UDC). A Lucerne, par contre, aucun candidat au Conseil des Etats n’a obtenu la majorité absolue. Le PLR est bien placé pour conserver le fauteuil laissé vacant par George Theiler (PLR). Damian Müller, le candidat PLR de 31 ans, a réalisé un score plutôt honorable. Le jeune homme s’est placé devant ses deux rivales, la socialiste Prisca Birrer-Heimo, présidente de la Fondation pour la protection des consommateurs, et l’UDC Yvette Estermann.

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