La vidéosurveillance de l'armée présente des lacunes en termes de sécurité, indique un rapport d'enquête interne du Département de la défense (DDPS). La protection des données pose également problème. Les conclusions du rapport d'audit interne sur les technologies de l'information du DDPS ont été rapportées lundi par la radio alémanique SRF. L'agence de presse Keystone-ATS en a obtenu une copie.

Le contrôle par sondages des caméras, notamment sur les places d'armes, les centres logistiques et les bâtiments administratifs de l'armée, a révélé que les documents de sécurité informatique étaient pour la plupart inexistants ou insuffisants. La protection des données des images est également pointée du doigt.

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Les moyens de surveillance ne sont pas régulièrement contrôlés sur tous les sites, notamment au niveau de leurs maillons faibles comme la cybersécurité. Des mises à jour importantes ont également parfois fait défaut. Les installations sont ainsi trop peu protégées contre les pirates informatiques.

Par ailleurs, les caméras vidéo ne sont pas à la pointe de la technique et ont plus de dix ans. De nombreux systèmes différents sont utilisés et la plupart d'entre eux ne sont pas reliés entre eux. De plus, l'entretien et la gestion des installations sont décentralisés.

Recommandations à appliquer d'ici la fin de l'année

Selon l'audit, l'armée doit donc agir. Des recommandations qui devront être mises en oeuvre d'ici fin 2023 y sont émises.

Parmi celles-ci figure la clarification des responsabilités en matière de protection des données sur chaque site individuellement, ainsi que le respect des exigences minimales au niveau de la sécurité informatique. En outre, un inventaire de toutes les installations de vidéosurveillance doit être établi afin de pouvoir vérifier périodiquement la mise en oeuvre des normes de sécurité.

Le projet «CCTV V», placé sous la direction de la Base logistique de l'armée (BLA), doit permettre de mettre en oeuvre d'ici fin 2026 une solution de surveillance uniforme sur une trentaine de sites de la BLA, a réagi l'armée. Les anciens systèmes analogiques seront remplacés par de nouveaux numériques. D'autres sites devraient par la suite être raccordés au système de surveillance uniforme.

La ministre de la défense Viola Amherd avait donné son feu vert en mai 2022 pour mener cet audit interne. Comme il n'existait pas, au moment de l'audit, de liste complète de tous les sites militaires et les bâtiments de l'administration militaire surveillés par vidéo, des contrôles aléatoires ont eu lieu, précise le rapport.