« Une importante réunion a été organisée jeudi après-midi à La Chaux-de-Fonds par l’association neuchâteloise «Pro Doubs», afin d’examiner le problème de la pollution des eaux de la belle rivière franco-suisse. […]

On entendit tout d’abord un exposé général et introductif du professeur O. Jaag, de Zurich, autorité mondiale en matière d’hydrologie. Il souligna que la lutte contre la pollution est à peine ébauchée en Suisse, alors que des mesures ont déjà été prises chez nos voisins allemands, autrichiens et, récemment, français.

La situation particulière du Doubs fut ensuite exposée par M. A. Burger, ingénieur cantonal et chef des services hydrologiques neuchâtelois. Le cours d’eau reçoit, sur son parcours franco-neuchâ­telois, les déchets de quelque 50 000 habitants, soit 200 à 300 litres d’eaux usées par seconde. En juin, une analyse faite à la Rasse montra que le degré d’oxygénation atteignait la limite critique pour la vie des poissons. Les eaux accumulées au barrage du Châtelot, en particulier, constituent une grave menace; c’est un accumulateur de pollution. Le lac naturel des Brenets est également très pollué. Entre les deux lacs, l’oxygénation est le plus souvent normale, mais des mesures d’assainissement seront inéluctables. En tout cas, la situation actuelle n’est pas compatible avec les limites prescrites par la nouvelle loi fédérale.

[…] A La Chaux-de-Fonds, les usines les plus importantes ont déjà des stations d’épuration autonomes, mais l’industrie est dispersée et il est impossible d’exiger de telles installations de petites fabriques. Il faudra construire une station collectrice à la sortie de la ville.

On en est encore, au Locle, au relevé précis du réseau des égouts (dont certains sont encore en pierres sèches). Des séparateurs de graisse ont été imposés aux garagistes; mais ils ne sont en général pas entretenus.

[…] A Villers-le-Lac, on se plaint surtout de la pollution [qui en est] issue […], qui a rendu impropre à la culture toute la plaine de Gouttebas, devenue fangeuse. […] »