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Façade nord du Palais fédéral, à Berne.
© Pixabay.com

Editorial

Vie privée et vertu publique 

ÉDITORIAL. Des politiciens tombent pour des actes commis dans leur sphère privée. Si les sanctions peuvent paraître dures, elles servent la fonction publique et sa dignité

Yannick Buttet, Geri Müller, Christophe Darbellay, Frédéric Hainard, Mark Muller, Valérie Garbani. Cette énumération non exhaustive rassemble des politiciens qui ont fait la une de l’actualité, ces derniers mois, ces dernières années, non pour les services rendus à la cause publique mais pour des faits liés à leur vie privée. Certains ont été carbonisés par les révélations médiatiques, d’autres pas, mais tous ont été touchés.

L’étude des chercheurs de l’Université de Zurich dont Le Temps a pris connaissance confirme que la vie privée des politiciens suisses tend à être toujours plus exposée. Avec cette évolution, notre pays se rapproche de la réalité que connaissent déjà nombre de ses voisins. Il rattrape, si l’on ose dire, un certain retard. On est bien loin de l’époque où des politiciens en situation scabreuse pouvaient compter sur le silence concerté des rédactions.

Lire aussi: «Les scandales servent à définir ce qui est acceptable»

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution. A commencer par la relation parfois ambiguë qu’entretiennent les politiciens et les médias, dans laquelle les premiers peuvent être tentés de dévoiler des pans de leur vie privée, cédant aux sollicitations, ou les anticipant même.

La professionnalisation de la politique, qui est bien réelle même si la Suisse conserve les formes d’un système de milice, accélère aussi le mouvement. On semble attendre un comportement plus exemplaire d’un pro, là où un amateur à l’ancienne avait droit à plus de tolérance.

Le climat de méfiance à l’égard des élites, qui s’est installé ces dernières années, pousse la classe politique à réagir en sanctionnant ses propres membres plus sévèrement, plus rapidement aussi. Du reste, il n’y a pas que les comportements inadéquats. Les propos déplacés deviennent eux aussi éliminatoires, comme le conseiller national vert Jonas Fricker en a fait l’amère expérience, cette année également, en comparant abattoir et Holocauste.

Laborieuse et austère, la vie de politicien, sans aucun dérivatif pour alléger la désormais double exigence de vertu publique et privée? La question peut se poser, à l’heure où l’on scrute avec toujours plus d’attention la consommation d’alcool ou les fréquentations des élus. Mais elle est sentimentale. Le rétablissement d’une cloison étanche entre politique et vie privée n’est guère possible, ni souhaitable. Retenons plutôt ici que la plupart des politiciens abattus par le scandale ont été sanctionnés pour des écarts de conduite majeurs, qu’ils avaient de surcroît trop tardé à admettre dans leur juste mesure.

Des sanctions, certes dures, frappent aujourd’hui des attitudes perçues comme incompatibles avec la fonction politique et son indispensable dignité. C’est tout à l’avantage de celles-ci et c’est là l’essentiel.

Dossier
L'affaire Yannick Buttet

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