Métropole

Leur vie satisfait les «Grands Genevois»

Un sondage réalisé par la Haute Ecole spécialisée de la Suisse orientale montre que la qualité de vie est considérée comme haute dans le Grand Genève. Au niveau des transports, on frise en revanche la catastrophe

«Il existe une disparité entre la réalité que recouvre le Grand Genève et la perception qu’en ont ses habitants. Notre but est de donner une âme à cet ensemble, par la créativité des étudiants de nos six écoles.» François Abbé-Decarroux, directeur de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), a présenté ce jeudi une série d’événements et de créations qu’organisent, à Genève (du 19 avril au 3 mai), les étudiants de la HES. Puisque ces actions s’inscrivent dans le Grand Genève, une enquête a été réalisée pour mieux connaître sa population, dans le district de Nyon, le canton de Genève et les départements de Haute-Savoie et de l’Ain. Elle fait écho à une étude similaire de 2016.

Les «Grands Genevois» ont un niveau de satisfaction de vie élevé, apprend-on dans l’étude dirigée par le professeur d’économie Andrea Baranzini et Caroline Schaerer, maître d’enseignement à la Haute Ecole de gestion. Les Nyonnais sont encore plus satisfaits (8,3/10) que la moyenne (7,8). Dans le détail, les conditions de logement sont étonnamment considérées comme peu problématiques par l’ensemble des sondés. Idem pour le système de santé. Par contre, les déplacements, vus sous l’angle des temps de trajets, sont jugés exécrables par les habitants de l’Ain (5,9) et de la Haute-Savoie (5,5) et bonnes dans le district de Nyon (7,4).

Un quart des sondés sans le sou

Si la vie est jugée douce, le niveau de personnes en difficultés financières est élevé. Un quart des sondés (24,6%) disent avoir de la peine à boucler les fins de mois. Soit 29,6% dans le canton de Genève (+6% par rapport à 2016), 25,9% en Haute-Savoie (+3%), 21,7% dans l’Ain (-5%) et 19,4% à Nyon (+1%).

Les Nyonnais ne se sentent que peu «Grands Genevois» (4,1/10), par rapport aux autres régions (moyenne de 5,8). Lorsqu’on les interroge sur les éléments nécessaires à une plus grande intégration dans le Grand Genève, des disparités apparaissent entre Suisses et Français. Pour les premiers, une disparition des frontières administratives n’est pas souhaitable (4,5 à Nyon), (3 à Genève), alors que cette perspective fait saliver les Français (6,6 en Haute-Savoie, 7 dans l’Ain). La question de la participation financière de sa région d’origine dans la construction d’infrastructures communes divise. En France, c’est oui (7,4 dans l’Ain, 6,9 en Haute-Savoie). En Suisse, on est réfractaires (5,5 à Genève, 5,3 à Nyon).

Opportunités d’emploi

Lorsque l’on aborde la question de l’utilité du Grand Genève, l’écart reste grand. Cet espace est-il propice à améliorer des opportunités d’emploi? On répond non à Genève (3,5/10), on hésite à Nyon (4,2) et on est plus positifs dans la Haute-Savoie (5,3) et l’Ain (5,5).

Pour tous, l’amélioration prioritaire à apporter au Grand Genève est celle des transports. L’étude révèle que l’immense majorité des déplacements vers le lieu de travail se fait en véhicule privé: 79,2% en Haute-Savoie, 67,9% dans l’Ain, 52,8% à Nyon et 29,2% à Genève. Le sondage a été réalisé par téléphone entre le 11 janvier et le 8 février, 1300 personnes y ont participé.

Publicité