Physiquement, la frontière suit le cours d’une rivière. Dans le train, cette délimitation s’entend. La signature sonore des CFF et la langue changent. «Nächste Halt Leuk». Nous voici dans le Haut-Valais. Le train remonte le Rhône à vive allure. Son tracé longe tantôt celui du fleuve, tantôt celui d’une autoroute toujours en construction. Plus le convoi s’enfonce dans la vallée, plus cette dernière se referme sur elle-même. La nouvelle voix des CFF, moins métallique, annonce l’arrivée soudaine en gare de Viège, notre destination, qui rayonne à l’international depuis qu’un vaccin contre le Covid-19 doit y être fabriqué.

Sur la place de la gare, notre guide d’un jour nous attend. L’ancien conseiller d’Etat socialiste Thomas Burgener est l’un des 7972 habitants de Viège. Il n’a fait faux bond à sa ville natale que le temps de ses études universitaires à Fribourg. En venant découvrir sa ville, nous faisons figure d’exception. Sur les quelque 5 millions de voyageurs qui foulent les quais de la gare chaque année, rares sont ceux à faire une halte à Viège, devenue, au fil du temps, lieu de passage.