La déception domine au sein de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) après le oui à l’interdiction des minarets. «Nous nous attendions à un rejet massif», a indiqué l’ambassadeur de l’OCI à Genève. Ce résultat est une porte ouverte à la remise en cause des libertés fondamentales, s’est exclamé l’ambassadeur Babacar Ba, interrogé par l’ATS. L’OCI appelle donc à la vigilance. Les musulmans de Suisse risquent de se sentir menacés. Babacar Ba ne craint cependant pas de réactions violentes de la population dans les pays musulmans. Les leaders politiques et religieux de Suisse ont clairement dit qu’ils n’étaient pas favorables à l’initiative, ce qui devrait jouer un rôle. Mais ce résultat aura, selon lui, un effet très négatif sur l’image de la Suisse.

A l’inverse, plusieurs partis européens de droite ou d’extrême droite ont salué dimanche l’acceptation de l’initiative. Ils y voient une victoire contre «l’islamisme radical» et un exemple pour leurs propres pays. L’issue de la votation montre que «même la patiente Suisse s’est fatiguée de l’expansion de l’immigration et de l’islam», a déclaré Maurizio Gasparri, le président du groupe du Peuple de la Liberté (PDL, le parti de Silvio Berlusconi) au Sénat italien. La vice-présidente du Front national français, Marine Le Pen, s’est félicitée du résultat du référendum, demandant aux «élites de cesser de nier les aspirations et craintes des peuples européens». L’extrême droite autrichienne est elle aussi satisfaite. Par leur vote, les Suisses ont donné «un signal clair contre l’islamisme radical» qui ne pourra plus être éludé, s’est félicité le chef du Parti de la liberté (FPÖ) autrichien , Heinz-Christian Strache, cité par APA. Un avis partagé par Martin Strutz, le secrétaire général du BZÖ , le parti de feu Jörg Haider.