L'absence d'information de la part de Provins, la plus grande cave de Suisse, sur sa santé financière crée une atmosphère de plus en plus lourde en Valais. Atteint lundi, son directeur, Roland Vergères, se voulait une fois de plus rassurant: «Nous allons payer le troisième versement de la récolte 2001. Nous avons pris du retard mais aujourd'hui nous avons tous les paramètres qui nous permettent de le faire.»

La volonté de vendre certains biens de la nouvelle coopérative, fusionnée en septembre dernier, a gonflé à son tour les rumeurs sur la santé de celle que les Valaisans appellent «la grande maison». La réalisation d'un actif, l'ancien bâtiment de la cave de Sion et son terrain au centre-ville, a suscité de nouvelles interrogations. Le tout devrait être racheté par l'institution de prévoyance des hôpitaux Pregehval, dont le conseil d'administration est présidé par le président de Provins, Ambroise Briguet.

Christian Zufferey, directeur de cette caisse, n'entend pas dévoiler le montant de cette transaction. Mais, selon lui, Pregehval envisageait depuis longtemps de construire un bâtiment de logements en ville de Sion, comme elle l'a fait dans d'autres villes valaisannes. Après un appel d'offres, le conseil de direction et le comité paritaire de Pregehval ont choisi à l'unanimité la solution proposée par Provins. Concerné des deux côtés, le président Briguet s'est récusé dans ce processus de décision.

Ligne de crédit

Toujours est-il que Provins se retrouve aujourd'hui avec une promesse d'achat, dans l'attente d'une autorisation de construire. Pour 1600 m2, l'opération devrait tourner autour du million de francs, donc sans réelle conséquence à court terme sur les liquidités nécessaires au règlement des vendanges 2001 et 2002. La cave voudrait également vendre le Mazot de Berne, situé près du Palais fédéral, mais, là aussi, les négociations restent très secrètes.

Depuis la fusion, les fonds propres immobiliers de la cave devraient assurer une bonne tenue du bilan; mais c'est du côté des liquidités rapidement disponibles que le problème se pose. Le report de semaine en semaine du troisième versement de la vendange 2001, soit un montant global de 3,5 millions de francs, commence à faire douter les sociétaires des réelles possibilités de paiement de la cave.

Selon nos informations, Provins négocie actuellement une ligne de crédit auprès de plusieurs établissements bancaires afin d'obtenir un crédit vendange permettant de payer le premier versement de la récolte 2002, qui doit se situer entre 15 et 20 millions de francs. Trois banques sont particulièrement sollicitées: la Banque Cantonale du Valais, la Raiffeisen et Credit Suisse. Selon Roland Vergères, ces démarches devraient aboutir dans un court délai.