Pour les élus genevois, ce n'était pas une journée comme les autres. Mercredi, à l'issue de sa séance hebdomadaire, le Conseil d'Etat recevait un hôte de marque: Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional Rhône-Alpes. Cadre de cette rencontre: le numéro 2 de la rue des Granges, au cœur de la Vieille-Ville. La salle à manger de la Fondation Zoubov se prêtait idéalement à une réflexion sur la nécessité de développer la coopération transfrontalière. Après déjeuner, pour souligner sa volonté de renforcer ses liens avec la France voisine, le gouvernement genevois avait fait ajouter une rubrique spéciale au sommaire de son point de presse: «Région franco-genevoise».

Ce vent d'ouverture a soufflé jusqu'au Palais Eynard, où siègent les autorités de la Ville de Genève. Dans la soirée de mercredi, la municipalité envoyait un communiqué pour informer que le Conseil administratif (exécutif) avait reçu des élus des villes genevoises et de France voisine pour un déjeuner de travail. Pierre-Etienne Duty, maire de Ferney-Voltaire, Robert Borrel, maire d'Annemasse, et Jean-Michel Thénard, maire de Saint-Julien, ont échangé avec les Genevois leurs vues sur l'aménagement du territoire et de la mobilité, les infrastructures sociales ou, encore, la protection de l'environnement.

L'une des principales concrétisations de ce rapprochement sera la liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA), objet de discussion entre le Conseil d'Etat et Jean-Jack Queyranne. Invité au point presse du gouvernement genevois, le président de la région Rhône-Alpes a souligné sa volonté de réaliser au plus vite le CEVA. «Une question qu'on évoque depuis très longtemps», puisque la première convention évoquant cette liaison date de 1912.

Pour faire avancer le dossier, le président de la région Rhône-Alpes a rencontré, le 11 janvier, le ministre français des Transports, Gilles de Robien. La question cruciale du type de tracé pour le 1,5 kilomètre de voies à réaliser jusqu'à la gare d'Annemasse n'a toutefois pas été réglée. Jean-Jack Queyranne favorise une version à deux voies en tranchées couvertes, pour assurer une continuité avec le tracé genevois en souterrain. Mais son coût de 90 millions d'euros rebute le ministre de Robien, qui penche pour un tracé en surface devisé à 30 millions. En tout cas, le premier coup de pioche côté genevois sera donné en septembre, a assuré Martine Brunschwig Graf, présidente du Conseil d'Etat.

Synergies hospitalières

Autre terrain d'entente: la planification hospitalière. Les autorités genevoises et françaises ont décidé de se concerter pour mettre à jour les complémentarités possibles au moment où la France réorganise son réseau de centres de soins. Jean-Jack Queyranne a promis de «relayer cette volonté auprès du ministre Douste-Blazy».

Cette prise de conscience de l'importance des liens transfrontaliers s'est aussi concrétisée par la réactualisation de la convention de coopération signée en 2001 entre Genève et la région Rhône-Alpes. Genevois et Français ont profité de leur rencontre pour agender une série de rendez-vous, dont une réunion le 23 juin à Annecy.