Le Conseil administratif de la Ville de Genève a présenté mardi un nouveau concept pour régler la question du parking lors de la création de zones piétonnes. Le principe serait de compenser 80% des stationnements supprimés dans un rayon de 300 à 500 mètres, si possible en ouvrant au public des places détenues par la Gérance immobilière municipale, voire en bâtissant de nouveaux ouvrages souterrains.

La Ville met ainsi à jour sa tentative de compromis, présentée il y a deux ans, pour une «piétonnisation» du secteur de Rive couplée à la construction d’un nouveau parking sous la rue Pierre-Fatio. Des critiques avaient alors été formulées: le nouvel ouvrage était aussi censé compenser la suppression de disponibilités dans des quartiers éloignés.

Dévoilée par trois des cinq magistrats de l’exécutif de la Ville, cette proposition municipale se heurte au principe récemment adopté par la commission des Transports du Grand Conseil . Les députés ont opté pour une compensation complète des places supprimées, sauf cas exceptionnel. «Si le Grand Conseil maintient ce ratio, je mets ma main au feu que nous ne parviendrons pas à mettre en place une seule zone piétonne ces dix prochaines années», avertit le maire Pierre Maudet (PLR). Selon lui, la droite cantonale se montre plus sensible à l’offre de stationnement destinée aux visiteurs de la ville alors que la droite municipale tient davantage compte des préoccupations des habitants urbains face à la circulation. «Nous voulons aller dans le sens d’une réduction du trafic au centre, mais nous n’avons pas de tabou quant à la construction de nouveaux parlings, comme celui des Clés de Rive, précise le maire. L’objectif est d’arriver à une paix piétonne.»

La Ville a imaginé une tarification spéciale pour les nouvelles zones bleues qui s’ouvriraient au public en souterrain. Les détenteurs du macaron du quartier y bénéficieraient d’un tarif de 30 centimes de l’heure, alors que les visiteurs paieraient l’émolument usuel en zone blanche pendant 90 minutes, avant de se heurter à des tarifs dissuasifs, les incitant à déguerpir.