Pour la première fois, la Ville de Genève expose sa maquette au 1: 500e dont la création a débuté il y a plus de trente ans. Cet énorme puzzle urbain en bois composé de 145 modules de 60 sur 80 centimètres était jusqu’à présent stocké en pièces détachées dans des armoires.

L’assemblage a parfaitement fonctionné, a expliqué mardi Bojana Vasiljevic Menoud, cheffe du service d’urbanisme de la Ville de Genève. Chaque module est constitué d’une dizaine d’îlots amovibles. Les bâtiments, les routes, les cours d’eau et les arbres y sont représentés, selon un code très précis établi dans les années 70.

La construction de la maquette a débuté en 1984, une fois que cette méthodologie était posée. Module après module, les maquettistes ont patiemment donné du volume à chaque recoin de la Ville de Genève. Cet énorme travail est quasiment terminé: il manque plus que deux pièces correspondant au Parc Bertrand. Reste maintenant à assurer une mise à jour perpétuelle de cette maquette.

Trois personnes assument cette tâche. La Ville de Genève consacre entre 50 000 et 70 000 francs par année à la maquette, a précisé devant la presse Rémy Pagani, chef du Département des constructions et de l’aménagement. Ces collaborateurs font aussi appel à des mandataires extérieurs pour réaliser les modules en bois de tilleul. Ils réalisent environ trois pièces par année.

Un outil de travail

A l’heure de la réalité virtuelle où tout peut être modélisé par ordinateur, Rémy Pagani défend la persévérance de la Ville dans sa démarche: rien ne remplace une vision en trois dimensions pour saisir les enjeux urbanistiques de la ville. La maquette n’est donc absolument pas «vieillotte», martèle-t-il.

Elle sert d’outil de travail pour simuler des projets d’aménagement mais aussi de base concrète pour discuter avec des associations de quartier, illustre Rémy Pagani. Les architectes, les urbanistes et les ingénieurs y ont très souvent recours. Ils peuvent effectivement consulter des morceaux de la maquette sur demande.

L’exposition permettra aux habitants d’y avoir accès, de s’y projeter et de s’y reconnaître. Dans une première phase qui dure jusqu’au 4 juillet, 62 modules ont été assemblés. Ils correspondent au territoire de la première couronne urbaine où se situent les grands projets immobiliers.

La deuxième phase (16 septembre-12 décembre) présentera les principales réalisations et les projets de la Ville. Enfin, la troisième phase (20 janvier-28 mai 2016) dévoilera la maquette en entier, soit 145 modules qui couvrent un territoire de 16 km2. L’œuvre fera au final dix mètres sur douze.

Exposition au 25 rue du Stand, rez-de-chaussée du mercredi au samedi de 11h00 à 18h00