Le Conseil d’Etat français a rejeté les recours déposés par la Ville de Genève, la Ville de Carouge (GE), les écologistes français d’EELV et plusieurs associations contre le projet d’autoroute visant à relier Thonon-les-Bains à Machilly, dans le Chablais français. Pour la plus haute autorité administrative française, cette infrastructure est bel et bien d’intérêt public.

L’information, révélée par la Tribune de Genève, a été confirmée vendredi par le conseiller administratif de la Ville de Genève Alfonso Gomez. Les opposants à ce tronçon ne baissent toutefois pas les bras. Ils promettent de se manifester à chaque étape du processus, à commencer par la mise en concession de l’autoroute. En février dernier, un appel à concessionnaire a été lancé pour assurer la construction et l'exploitation de l'autoroute.

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Aux yeux d’Alfonso Gomez, cette section autoroutière est une «aberration écologique». Les adversaires du projet font notamment remarquer que cette infrastructure fera concurrence au nouveau RER régional Léman Express, qui a été mis en service fin 2019, et qu’elle n’incitera pas les pendulaires à passer de la route au rail. Le tracé de l'infrastructure prévu longe en bonne partie la voie ferrée sur laquelle se déploie le réseau du train transfrontalier. Il y a deux ans, le projet autoroutier avait reçu sa déclaration d’utilité publique, quelques jours à peine après l’inauguration du Léman Express.

Du côté des partisans du projet, dont de nombreux élus du Chablais français, ce tronçon d’autoroute permettra de désenclaver une région pauvre en infrastructures de transport. De l’autre côté de la frontière, on n’a guère apprécié ces oppositions venues de Suisse, certains n’hésitant pas à les qualifier «d’ingérence internationale».