Dans moins de trois semaines, les Genevois renouvelleront les Conseils municipaux (parlement) de leurs communes, et un mois plus tard, ils désigneront les élus qui siégeront dans les Conseils administratifs (exécutif).

Dans les municipalités, l’heure du bilan a sonné pour les élus. En Ville de Genève, première commune du canton en termes de population, elle revêt une importance particulière au moment où l’équilibre des forces politiques semble sur le point de changer: le MCG piaffe pour entrer dans l’arène, les alliés verts et socialistes affichent une forte rivalité, et le centre droit se redessine avec la fusion des libéraux-radicaux et la présence des Verts libéraux.

Dans ce contexte, Le Temps revient sur l’action des cinq magistrats en place: après quatre ans passés aux affaires, quelle carte de visite offrent à leurs partis en campagne la socialiste Sandrine Salerno, le libéral-radical Pierre Maudet, et Rémy Pagani, membre d’A gauche toute!? Et quel héritage les sortants Manuel Tornare, socialiste, et Patrice Mugny, vert, laissent-ils à la Ville? Le premier quitte les Affaires sociales après douze ans de mandat, et le second passe la main après huit ans passés à la tête de la Culture.

Premier constat, l’équipe actuelle a rompu avec les conflits et les scandales qui avaient marqué la précédente législature. La dynamique de groupe a été marquée par une gestion des dossiers souvent effectuée en binôme. Les tensions n’ont pas manqué, mais sans dégénérer, et des alliances à géométrie variable ont été conclues. Mis au banc du collège en début de législature pour avoir fait valoir prématurément ses prétentions sur la culture, Manuel Tornare, pourtant le mieux élu, s’est plus d’une fois retrouvé isolé avec sa camarade Sandrine Salerno face à une coalition constituée des trois membres de la délégation de l’Aménagement, Rémy Pagani, Patrice Mugny, et Pierre Maudet, qui avait été constituée pour mettre l’ancien syndicaliste sous tutelle.

Des magistrats voyageurs

Les finances ont bénéficié de rentrées fiscales exceptionnelles en dépit de la crise économique, permettant aux magistrats d’éponger une partie de la dette. Mais le Conseil administratif à majorité de gauche s’est également empressé de recruter, estimant nécessaire et de renforcer la fonction publique municipale.

Les élus n’ont en revanche pas perdu le goût des voyages dont leurs prédécesseurs étaient friands. Ils ont arboré les couleurs genevoises en Allemagne, en Suède et au Danemark pour étudier les écoquartiers, à Gaza pour soutenir un film, en République démocratique du Congo, en ex-Yougoslavie et au Proche-Orient pour défendre les droits humains, et à Dakar pour plaider la cause de la Genève internationale ou attribuer des subventions.