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Le chef du Service des écoles primaires et secondaires de Lausanne Philippe Martinet.
© Keystone/Christian Brun

Vaud

La Ville de Lausanne locataire de l’Institut Mont-Olivet

Une école occupe une surface de l’institut vendu l’an dernier. Les autorités font valoir que la parcelle qui abrite Mont-Olivet est pour l’heure une surface d’utilité publique

Après les convoitises immobilières suscitées par l’ancien Institut catholique Mont-Olivet, voici les appétences locataires. Le Temps apprenait la semaine dernière que la chapelle du site, vendu l’an dernier dans des circonstances rocambolesques, est désormais occupée par la Fraternité Saint-Pie-X, les intégristes d’Ecône. Mais un hôte plus recommandable s’est aussi invité: la Ville de Lausanne, qui loue depuis l’automne dernier une salle de gym pour un de ses établissements scolaires ainsi qu’une surface pour l’accueil parascolaire.

Lire aussi: Mont-Olivet: l’institut, les bonnes sœurs et le Monopoly

Vendu par la congrégation des sœurs de la Représentation de Marie au fonds d’investissement Comunus SICAV pour 25,5 millions de francs, ce patrimoine immobilier était destiné à l’habitat. Sauf que l’affaire n’est pas dans la poche, tant s’en faut. Car la parcelle en question, 13 000 mètres carrés en pleine ville, figure pour l’heure en surface d’utilité publique à but scolaire et abrite plusieurs bâtiments classés. Une aubaine pour la Ville de Lausanne, en manque de surfaces.

Coopérer avec la municipalité

Alerté en février 2016 par la hausse des inscriptions à l’école publique d’élèves de Mont-Olivet tout juste vendue, le chef du Service des écoles primaires et secondaires de Lausanne Philippe Martinet sollicite une visite des lieux. En substance, voici le message que délivrent les autorités au nouveau propriétaire: pour en faire des PPE de luxe, il faudra changer l’affectation du sol, une procédure très longue; en revanche, le dossier aura plus de chance d’avancer s’il associe les collectivités publiques. «Nous tenions le couteau par le manche, explique Philippe Martinet, puisque le plan partiel d’affectation actuel a une vocation scolaire.»

Les nouveaux propriétaires comprennent leur intérêt à coopérer. Un premier pas est franchi en louant la salle de gym et l’espace parascolaire, mais le service des écoles espère davantage: «Notre intention est d’occuper l’entier d’un bâtiment classé, difficile à valoriser pour les promoteurs, explique Philippe Martinet. Et ce, jusqu’à ce que la décision d’affectation soit réglée.»

Logements oui, mais à loyers abordables

Pour Grégoire Junod, syndic de Lausanne, la solution qui se profile n’est pas la moins heureuse: «On essaye de développer un plan de quartier qui intègre la composante scolaire tout en permettant qu’une partie de la parcelle soit dévolue au logement.» Mais dans la bouche du socialiste, logement rime aussi avec loyers abordables: «La nouvelle loi sur le logement permettra d’intégrer aux projets immobiliers une proportion de logements d’utilité publique. Mont-Olivet devrait en contenir.» N’aurait-il pas mieux valu que la Ville de Lausanne rachète tout bonnement ce patrimoine immobilier? «Nous aurions certainement été intéressés, mais l’Eglise ne nous a malheureusement jamais approchés», répond Grégoire Junod.

La perspective qui se dessine n’était sans doute pas le premier objectif des acquéreurs. Ni celui des anciennes propriétaires, d’ailleurs. Car des esquisses datant d’octobre 2014 et remises au Service d’urbanisme prévoyaient de densifier le bas de la parcelle, afin d’aider financièrement l’école. Il s’agissait d’une barre d’immeuble qui s’est heurtée à un refus. En 2016, les nouveaux propriétaires décident de demander une modification du plan d’affectation.

Une religieuse occupait deux étages

Pour plusieurs parents d’anciens élèves de Mont-Olivet qui ont contacté Le Temps, c’est la preuve que l’objectif initial était de vendre ce patrimoine et non de redresser l’école. D’autant plus que les locaux étaient sous-occupés sans que personne ne songe à les louer. Détail piquant: une religieuse occupait à elle seule deux étages, soit 800 mètres carrés. Interrogé, Christian Fluhr, l’ancien directeur de l’institut entré en fonction en mars 2014 et mandaté l’année suivante par les sœurs pour la vente, répond que «les travaux de remise à niveau de ces chambres monacales auraient coûté très cher et n’auraient pas réglé les problèmes financiers».

On ne sait si l’investisseur a bien pris la mesure des problèmes qui l’attendent. Car il n’a pas répondu à nos sollicitations – sur la présence d’Ecône notamment. En revanche, le syndic de Lausanne est clair: «A ce jour, aucun logement ne peut être construit sur cette parcelle.»

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