Durant les six mois d'Expo.02, les polices de la ville de Neuchâtel et du canton ont travaillé de concert. «Un exercice parfaitement réussi», salue la conseillère d'Etat Monika Dusong. La présence visible et importante de la police a généré un sentiment de sécurité à Neuchâtel «et diminué les actes délictueux».

«Ce constat nous a conduits à préconiser la poursuite de la collaboration», affirme la ministre. Les commandants des corps de police ont rédigé un protocole de coopération devant déployer ses effets d'ici à 2006, que le patron politique de la police de la ville de Neuchâtel, le conseiller communal Antoine Grandjean, a rejeté.

Déçue, Monika Dusong ne renonce pas et reprendra les discussions. «Entre en ligne de compte l'identité de la ville, explique-t-elle. Peut-être aussi des rivalités personnelles, la crainte de devoir lâcher quelque chose et un manque de clarté des tâches et des missions des uns et des autres.» Elle juge «aberrant» de voir se succéder, sur les lieux d'une bagarre par exemple, d'abord des policiers locaux, qui font ensuite appel aux agents cantonaux. Et de préconiser l'instauration de «brigades mixtes intégrées, emmenées par la police cantonale». De manière plus générale, elle attribue la proximité à la police de la ville et l'investigation judiciaire à la police cantonale.

Avec l'état-major de «sa» police, Monika Dusong a fait jeudi le bilan d'une année 2002 qui a vu la criminalité grimper à Neuchâtel comme ailleurs: le nombre de délits est en hausse de 7,1%. «Un délit est annoncé toutes les 43 minutes», commente le chef de la Sûreté, Olivier Guéniat. Mettant avec gravité le doigt sur la hausse de la criminalité des mineurs et celle assortie de violence. «En particulier la violence conjugale», souligne Monika Dusong. Qui s'est traduite en 2002 par douze homicides et tentatives d'homicides, «tous intrafamiliaux».

La ministre oppose à la hausse de la délinquance le «rendement» de la police: elle a identifié et arrêté 4658 malfrats, soit 35,4% des auteurs de délits, alors que la moyenne suisse est de 18%. «Un tel taux est un facteur générant la confiance de la population et accroît son sentiment de sécurité», affirme Monika Dusong, tandis que le commandant Laurent Krügel vante «la motivation et la ténacité» des 320 membres du corps de police.

Et la conseillère d'Etat d'ajouter que Neuchâtel a une politique d'action et de prévention, en particulier à l'école et prochainement contre la violence familiale. Comme s'il fallait tuer dans l'œuf les slogans à venir de l'UDC, qui entend faire campagne en brandissant l'insécurité montante. Monika Dusong se défend de faire dans l'électoralisme: «Nous n'avons pas attendu l'UDC pour mener des actions.» Et lorsqu'on lui demande s'il est compatible d'être conseiller national UDC et inspecteur de police (le président de l'UDC neuchâteloise, le policier Yvan Perrin, est candidat au parlement fédéral), la ministre s'en sort avec une pirouette: «Je traiterai le sujet si l'élection intervient», ce qu'elle n'imagine pas. Rappelant qu'elle tient son fonctionnaire de police à l'œil: «Il sait ce qu'il peut faire et ce qui lui est interdit, notamment d'utiliser l'image de la police pour sa propagande», précise-t-elle.